Ciney 5590

Action syndicale à Chevetogne : deux députés provinciaux coincés dans le domaine

Une réunion relative au bien-être au travail était planifiée ce matin au château du Domaine de Chevetogne, en présence des députés provinciaux Richard Fournaux (MR) et Geneviève Lazaron (cdH).

Quatre jours après le vote actant le passage du domaine en régie autonome à partir de 2022, les syndicats y ont vu l’occasion rêvée de faire entendre leur mécontentement. "Je pense que nous avons été gentils et que nous avons multiplié les actions bisounours", avance Fabrice Collignon, délégué CGSP. "Mais ils ont forcé le passage avec la régie, alors nous montons d’un cran."

Les députés ont réussi à s'échapper

Les voitures des deux députés ont donc été bloquées à l’entrée du domaine (notamment par un camion), puis décorées de confettis et d’autocollants. La délégation syndicale a également fait sonner l’alarme du château à l’aide de pétards et de fumigènes. "De plus, aucun membre du personnel ne se rend aux réunions prévues. Je ne vois pas pourquoi on se présenterait, puisqu’on n'est plus certain de travailler ici à l’avenir."  La délégation ne comptait pas libérer les voitures avant 16h, mais il semblerait que, sur le coup de 14h, les deux députés aient réussi à contourner le camion et à filer à l'anglaise

"Cette action, c'est un peu dommage, car il me semble que c’est dans le dialogue qu’on trouvera des solutions", explique le député-président, Jean-Marc Van Espen. "C’était notamment la philosophie des réunions d’aujourd’hui, où nous présentions au personnel un plan d’action pour une nouvelle organisation au sein des équipes, sur base d’un rapport de Cohezio"

Pour rappel, les syndicats craignent depuis des mois une privatisation du domaine et des pertes d’emplois massives d’ici à 2026. Car au moment de la réforme des Provinces, une note politique indiquait clairement que si le domaine n'est pas à l'équilibre en 2026, sa cession sera envisagée. "Ce n’est pas la feuille de route", rasssure cependant Jean-Marc Van Espen, qui évoque un procès d’intention, et pense que le passage en régie autonome permettra une gestion plus efficace du domaine.

Louis Matagne

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