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Nathalie, malvoyante, est infirmière en chef adjointe au CHU UCL Namur

Du 12 au 25 avril, la Ligue Braille organise sa semaine de sensibilisation à la déficience visuelle. Elle met l'accent sur plusieurs thématiques, dont l'inclusion au travail. Exemple avec Nathalie Robie.

Nathalie Robie est infirmière en chef adjointe au CHU UCL Namur à Godinne. En 2000, son ophtalmologue lui diagnostique un glaucome juvénile, une maladie évolutive qui finit par la plonger dans le monde des malvoyants en avril 2020. La maladie et ses nombreuses opérations la contraignent à mettre sur pause sa vie professionnelle. Grâce au soutien de son employeur, elle retrouve aujourd'hui le chemin de l'hôpital dans une fonction adaptée à ses besoins :

 

Rien que pour voir l'identité du patient sur son bracelet, j'ai besoin d'une loupe. Travailler au chevet du patient ce n'est plus possible. Mon travail est maintenant axé sur de l'administratif, l'aide à la gestion des horaires, l'accueil des nouveaux engagés et des stagiaires infirmières. Je travaille aussi à l'élaboration de procédure.

 

Nathalie était loin d'imaginer il y a un an pouvoir conserver son poste. Dans ses démarches, elle a pu compter sur le soutien de la Ligue Braille, intervenue notamment dans l'acquisition de vidéo loupe et autres outils destinés à lui faciliter le quotidien. Un travail important a également été réalisé sur ses déplacements, comme l'explique Christelle Magniette, responsable des services emploi et formation à la Ligue Braille :

 

Il faut savoir que pour la Ligue Braille le maintien à l'emploi est vraiment une des priorités. Nous n'hésitons pas à chambouler quelques plannings quand c'est nécessaire pour permettre à la personne qui travaille de maintenir son emploi. Dans le cas de Madame Robie, ça a été surtout des cours de locomotion, puisqu'elle a dû apprendre à se déplacer avec la canne pour être autonome dans ses déplacements entre son domicile et son lieu de travail.

Si pour Nathalie, la réinsertion professionnelle est un succès.  Le maintien de l'emploi reste un énorme défi pour de nombreux malvoyants. Pour une structure hospitalière comme le CHU UCL Namur, où des fonctions lourdes sont parfois entravées par une diminution physique, il était impossible de ne pas l'envisager. Des aménagements sont opérés en fonction des besoins du personnel concerné. Didier Cloquet est le directeur des ressources humaines du groupe :

 

Ce « déficit » par rapport aux attentes, nous le compensons en mettant en place des adaptations de postes, en adaptant l'ergonomie, le matériel à disposition ou en changeant le contenu de la fonction. De cette manière, on peut continuer à profiter de l'entièreté des compétences de la personnes qui se retrouve reconnue pour celles-ci, même si physiquement il y a un « déficit ».

Par sa force de caractère et sa détermination, Nathalie Robie insuffle un peu d'espoir. Preuve que les portes du monde du travail ne doivent pas forcément se refermer pour les malvoyants ou toute autre personne porteuse d'un handicap.

Du 12 au 25 avril, la Ligue Braille organise sa semaine de sensibilisation à la déficience visuelle. Elle met l'accent sur plusieurs thématiques, dont l'inclusion au travail. Exemple avec Nathalie Robie.

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