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La gestion des transferts de patients: un maillon essentiel de la gestion de la crise

En province de Namur, un gestionnaire gère les transferts de patients entre les hôpitaux. Depuis son arrivée, les risques de saturation de nos hôpitaux ont diminué et les autres soins peuvent encore se faire.

Denis Copemans est un maillon essentiel en province de Namur pour soigner les patients hospitalisés sous l'ère Covid-19. Il traduit sur le terrain les directives fédérales prévues pour une bonne gestion des transferts de patients. Son premier outil, c'est une plateforme informatique:

Nous avons mis en place un tableau interactif en collaboration avec le 112. Les hôpitaux peuvent y encoder leurs lits Covid disponibles: que ce soit en soins intensifs ou en hospitalisation conventionnelle. Même chose pour les lits en ECMO (oxygénation par membrane extracorporelle) ou les lits en soins intensifs classiques.

Ce poste existe depuis la deuxième vague et il facilite aussi le travail administratif des hôpitaux. Il leur permet de perdre le moins de temps possible à la recherche de lits disponibles, ajoute Denis Copemans:

Je suis donc disponible 7J/7 et 24h/24. Je prends toute une série d'informations relatives au transfert. Je contacte les receveurs et je les mets en relation avec les demandeurs. Ensuite, avec le 112 on met en place des ambulances et des équipes médicales pour faire les transferts. Le but est d'éviter que des hôpitaux soient saturés alors qu'il pourrait y avoir des lits disponibles dans un autre.

Une coordination supra-provinciale

Cette répartition des patients ne s'arrête pas à la Province de Namur: la présence de ce coordinateur permet une vue d'ensemble sur les provinces du pays. Grâce à ce travail collégial, le CHU UCL peut gérer avec plus de sérénité les patients Covid, mais aussi tous ceux qui souffrent d'autres maladies. Une amélioration qu'explique Benoit Rondelet, directeur médical des hôpitaux CHU UCL Namur:

Cela nous permet de mieux planifier la prise en charge des patients qui ne sont pas atteints par le Covid-19. Il y a toute une série d'interventions que l'on ne peut pas reporter et qui sont indispensables.

Le jeu d'équilibre fonctionne encore, mais l'hôpital reste fort impacté par l'épidémie. La courbe des hospitalisations est ascendante, mais elle n'est pas exponentielle. Ceci s'explique par plusieurs facteurs, détaille Benoit Rondelet:

La courbe n'est pas exponentielle parce que la dynamique du virus n'est pas la même. Contrairement aux deux premières vagues, on répartit les patients sur des territoires qui sont beaucoup plus larges. En plus, les dernières mesures gouvernementales ont certainement permis de limiter la propagation.

Même si la répartition se fait sur une zone plus large, les lits des hôpitaux namurois sont quand même bien occupés. Pour exemple, ils ne peuvent pas accueillir de patients français pour être sûrs d'assurer les soins des patients belges.

A ce jour, 85 patients Covid sont hospitalisés sur les trois sites des hôpitaux namurois CHU UCL. Parmi eux, 35% sont en soins intensifs.

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