Dinant 5500

Thierry Bodlet, échevin de l'urbanisme: "On va être plus sévère avec les promoteurs immobiliers à Dinant"

Dinant va se montrer plus sévère pour les permis d'urbanisme des nouveaux appartements. Selon Thierry Bodlet, il y a trop d’offres par rapport à la demande.

La transformation du bâti existant en logements de qualité, c'est le type de projet que voudrait privilégier le Dinantais Thierry Bodlet, échevin de l'urbanisme. L'échevin estime qu'on a construit trop de logements neufs, par rapport à l'évolution de la population qui, elle, n'a pas augmenté. Il explique: 

On n'a pas arrêté de construire des bâtiments neufs à Dinant depuis très longtemps. Et, bien entendu, on arrive, compte tenu aussi de l'évolution de l'emploi à Dinant, qui tend un petit peu à diminuer, à une situation où il y a moins de demandes pour le nombre de logements existants. Et donc, on a une espèce de dépression immobilière à Dinant qui est tout à fait opposée à ce qui se passe à Namur, par exemple. 

"Et nous, on doit pourtant répondre à de nombreuses demandes"

Dans une agence immobilière de Dinant, on ne voit pas les choses de la même manière. Ici, on doit répondre à beaucoup de demandes de logements. Mais l'offre ne correspond pas nécessairement aux demandes des candidats qui espèrent trouver de petits logements. Cédric Henrard, agent immobilier développe:

On a des demandes pour des logements plutôt petits, des biens d'investissement. Pour le moment, ce sont des offres qu'on a du mal à trouver sur Dinant. On est un peu en dessous des attentes du marché où il y a des logements qui ne correspondent pas vraiment à la demande. 

"Il faut freiner la division des maisons unifamiliales" 

Et les petits logements, c'est justement ce que l'échevin de l'urbanisme ne veut plus privilégier. Pour lui, il faut des logements plus grands et de qualité plus élevée. Il faut freiner la division des logements en centre ville. Et il justifie:

Puisque la moitié des bâtiments divisés dans les maisons unifamiliales en centre-ville sont inoccupés. Ça prouve qu'il faut absolument faire quelque chose. On a plus besoin de familles que de gens seuls, etc. 

"On sera plus sévère"

L'échevin est décidé à privilégier les rénovations et se montrer plus exigeant sur les projets de constructions neuves:

On utilise tous les moyens administratifs et juridiques qui sont à notre disposition pour être le plus exigeant possible. Maintenant, on ne peut pas demander la lune non plus. On ne peut pas empêcher quelqu'un d'avoir un projet mais sur son terrain.

Thierry Bodlet souhaite attirer les familles qui ont des revenus plus confortables. Si ce souhait semble légitime, la réalité des demandes en agence ne correspond pas, comme l'explique l'agent immobilier:

L'intention est certainement bonne au départ. Mais je pense qu'elle est un peu décalée par rapport à la demande qui nous arrive, ici, en agence. 

On l'aura compris, pour l'échevin de l'urbanisme, c'est l'inadéquation entre l'offre réelle de logements et ses souhaits de voir revenir une population familiale dans les logements dinantais qui crée ce qu'il appelle la dépression immobilière dinantaise. Il relie également cette situation au manque d'emploi et à la baisse du revenu moyen des Dinantais. 

Dinant va se montrer plus sévère pour les permis d'urbanisme des nouveaux appartements. Selon Thierry Bodlet, il y a trop d’offres par rapport à la demande.

Retrouvez l'article original sur MAtélé