Dinant 5500

Grève au CHU UCL Namur: le Gouverneur réquisitionne 69 membres du personnel

Le mouvement de grève dans les hôpitaux sera largement suivi ce jeudi au CHU UCL Namur. Pour assurer le service minimum dans certains services, 69 personnes ont été réquisitionnées.

Le front commun syndical du secteur hospitalier a déposé un préavis de grève pour ce jeudi 17 juin dans tous les hôpitaux du pays pour dénoncer «la pression énorme infligée au personnel soignant pour atteindre les impératifs économiques et médicaux». Le personnel soignant du CHU UCL Namur (sites de Godinne et de Dinant) suivra très largement le mouvement au point que 69 membres du personnel ont dû être réquisitionnés par le Gouverneur, Denis Mathen.

 

En effet, dans le secteur des soins de santé, si le droit de grève existe, il est toutefois encadré par une loi de 1948 appelée «la loi sur les prestations d'intérêt public en temps de paix» qui vise au maintien des activités vitales. Cette loi concerne les soins de santé mais aussi la production et la distribution de gaz et d'électricité ou l'enlèvement des immondices, notamment.

 

Dans les soins de santé, les hôpitaux sont dans l'obligation d'assurer un service minimum en cas de grève, pour schématiser, le service tel qu'il est organisé les dimanches. Lorsqu'une partie du personnel décide de faire grève, la direction de l'hôpital cherche à remplir le cadre pour assurer le bon fonctionnement des services avec des volontaires. Si le nombre de volontaires n'est pas suffisant, comme ce sera le cas ce jeudi au CHU UCL Namur, la procédure de réquisition est enclenchée. Elle aboutit in fine à la signature d'arrêtés de réquisition par le Gouverneur. Les représentants du personnel étaient bien conscients du risque:

Dans certains services, les infirmiers savaient qu'ils risquaient d'être réquisitionnés parce que tout le monde a décidé de débrayer pour marquer le coup. En particulier aux urgences, en réanimation et dans certaines unités de chirurgie.

Les 69 arrêtés ont été signés par Denis Mathen en début de soirée. Ils vont être apportés en mains propres aux personnes concernées par les policiers locaux. Selon nos informations, les personnes réquisitionnées le sont pour le site de Godinne. Sur le site de Dinant, le CHU UCL Namur serait parvenu à assurer le service minimum sans devoir y recourir.

 

Un ras-le-bol généralisé

Épuisé par une crise qui l'a mis sous pression pendant plus de 15 mois, le personnel hospitalier dénonce ses conditions de travail et demande des moyens pour pouvoir « souffler » cet été. Réunis en front commun, les syndicats dénoncent une course à la rentabilité qui se fait sur le dos du personnel :

Vague après vague, le personnel hospitalier a dû gérer l'ingérable, supporter l'insupportable et garantir une prise en charge de qualité et humaine de la population et, dès qu'une éclaircie est apparue, les impératifs économiques et médicaux ont maintenu une pression énorme sur le personnel pour rattraper ce qui n'a pas pu être fait, voire récupérer les recettes perdues lors du report des prestations.

Une autre revendication, qui n'est pas portée par le front commun syndical, est venue se greffer au mouvement, elle explique la forte mobilisation dans les services d'urgences et de soins intensifs. A partir du 1er juillet, le statut d'infirmier spécialisé ne sera plus reconnu. Sur ce point, les premiers à avoir mené un mouvement de grève sont les infirmiers des urgences et des soins intensifs de l'hôpital Erasme à Bruxelles.

 

Le 1er juillet, l'année d'études supplémentaire et les responsabilités afférentes à ce statut pourraient ne plus être valorisées. Sur une carrière complète d'infirmier, la perte salariale pourrait être très importante. Une goutte d'eau de plus pour faire déborder le vase du mécontentement, déjà bien rempli.

 

>>> Plus d'infos sur les revendications du personnel soignant dans notre édition du 17 juin.

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