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Départ de 50 policiers fédéraux de Dinant: "Pourquoi les élus ne réagissent-ils pas?"

Le "rapatriement" de 50 policiers fédéraux de Dinant à Namur se déroule sans débat démocratique, ni réaction des élus locaux, s'étonne la CGSP.

Fabien Houlmont, vous êtes délégué CGSP, vous avez lancé un pavé dans la mare sur Facebook: vous annoncez le départ de 50 policiers fédéraux casernés à Dinant vers Namur et vous vous étonnez du peu de réaction.

La police fédérale a différents sièges décentrés, et notamment la police judiciaire fédérale de la province de Namur qui a deux implantations à Dinant. Historiquement, lorsque les arrondissements de Namur et Dinant ont fusionné, l'existence de ces implantations a été justifiée par les chiffres de criminalité. C'est ainsi que la section "crim'" de la police judiciaire était restée à Dinant. L'implantation dinantaise était aussi justifiée par le caractère rural de certains services de police locale qui n'ont pas la même capacité d'enquête de zone urbaine ou semi-urbaine. Mais l'an dernier, le directeur judiciaire et le directeur coordinateur de la police fédérale namuroise ont décidé de supprimer les implantations de la police judiciaire fédérale et d'autres services de police fédérale à Dinant. 

En-dehors de l'inconfort pour vos collègues de devoir travailler 40 km plus loin, qu'est-ce que cela change pour le service public?

Si ce mouvement se fait à Namur, on verra en comité de concertation que les conditions de travail soient cohérents avec les exigences d'une police moderne; la question qui se pose est à propos de l'ensemble des services fédéraux en zone rurale. L'arrondissement de Dinant est beaucoup plus rural que celui de Namur. L'appui de la police fédérale nécessite une plus grande proximité. L'expérience de de l'optimalisation de la police fédérale à Namur démontre clairement qu'on a perdu en contact avec les zones de police rurales. 

Les zones de police locale ont besoin de l'appui de la police fédérale pour faire quoi?

Les petites zones de police n'ont pas les moyens d'investir trop dans des services spécialisés. Dans un arrondissement rural, on a des entretiens quasi quotidiens avec les zones de police. 

Dans votre post, vous vous étonnez du manque de réaction des élus locaux?

Lors de la suppression de lieux habituels de travail d'un service fédéral, cela a toujours été sur injonction d'un commandant de gendarmerie, ou de la direction centrale de la police judiciaire, mais en concertation avec le ministre de tutelle et souvent aussi débat au parlement. Ici, l'initiative de suppression a été prise sans injonction du ministre ni du commissaire général; cela relève d'une simple décision de l'administration namuroise de la police fédérale. Au niveau de la CGSP, cela nous pose un souci dans l'exercice démocratique. Si tous les élus dinantais avaient bien conscience de ce qui est en train de se passer... Je suis étonné que personne ne réagit, quoi. On laisse partir des services payés par le fédéral pour appuyer des zones de police, et on les laisse partir facilement alors qu'on va avoir de moins bons services.

Le "rapatriement" de 50 policiers fédéraux de Dinant à Namur se déroule sans débat démocratique, ni réaction des élus locaux, s'étonne la CGSP.

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