Dinant 5500

Contrôle de police à Dinant: non, il ne faut pas d'autorisation pour diffuser le match au café!

Certains ont choisi d’aller regarder le match des diables samedi dans les cafés. À Dinant, la police a débarqué pour demander aux tenanciers s’ils avaient une autorisation alors qu’elle n’est pas nécessaire.

Au Café Ardennais à Dinant samedi soir, on a diffusé le match des diables rouges, mais vingt minutes avant le début, la police a débarqué, comme l'explique Freddy Lejeune, le responsable du Café Ardennais:

La police est arrivée en nous demandant si on avait l'autorisation de la Ville pour diffuser le match. On n'était pas au courant qu'il en fallait une donc on n'en avait pas. Ils sont repartis en nous demandant de faire le nécessaire. J'ai donc dès le lundi suivant demandé à la Commune cette fameuse autorisation.

Il n'y a pas eu de verbalisation d'autant qu'il s'agit d'une mauvaise interprétation du texte par les policiers selon le chef de la zone de police Haute-Meuse, Bernard Dehon:

Si l'on s'en tient à diffuser la match sur sa télévision, dans ses infrastructures habituelles, on n'a pas besoin d'autorisation. Il est vrai qu'il y a des contrôles qui ont été faits sur ce point-là à Dinant. C'est une interprétation trop stricte des règles. Je ne jette pas la pierre aux policiers qui sont intervenus parce qu'en quinze mois de crise, les règles ont changé quinze fois donc c'est parfois compliqué de s'y retrouver, même pour les policiers.

Le Bistro sommé d'arrêter la diffusion

À Anseremme, lors du même contrôle, la police a demandé d'arrêter la diffusion du match. Elle se faisait en partie sous un chapiteau. Il a été installé par Le bistro du Tout simplement, il y a un mois de cela. Le chapiteau se trouve sur le trottoir parce que le restaurateur n'a pas ouvert sa salle. Il ne souhaite pas mettre de dispositif de contrôle du CO2. Là aussi, aucune autorisation n'est théoriquement nécessaire, ajoute le commissaire:

Si une organisation veut mettre un écran géant pour diffuser le match dans une salle de village, sur un terrain de foot, là il faut une autorisation. Si cette diffusion est accessible au public, à ce moment-là, on sort des infrastructures existantes et donc il faut une autorisation.

Autrement dit, Si Le Bistro avait placé cette tonnelle spécialement pour la diffusion du match, il faudrait une autorisation. Le texte de loi émanant du fédéral veut par là éviter tout attroupement de foules face à l'écran. La situation est encore jugée dangereuse au vu de la situation sanitaire. Le jour du match commence alors un jeu de cache-cache avec la police au Bistro. À chaque passage d'un combi de police, la tv est mise sur la chaîne météo. Une situation invraisemblable, mais le patron, Louis Piret estime qu'il n'avait pas le choix:

J'avais déjà fait énormément de dépenses pour recevoir les 50 personnes qui avaient réservé ce soir-là. La police est arrivée à 18h, juste avant mon service. Si je disais aux gens que la diffusion du match n'avait pas lieu, ils ne seraient pas venus. Vu la crise qu'on traverse, ce n'était pas possible pour moi.

La majorité pointée du doigt

Au milieu de ce schmilblick administratif, l'opposition dinantaise pointe la majorité communale du doigt. Pourquoi n'a t-elle pas communiqué auprès des cafetiers sur cet arrêté? Le conseiller d'opposition Alexandre Terwagne a d'ailleurs interpellé le bourgmestre sur ce point lors du dernier conseil communal:

Le Collège m'a expliqué qu'il n'avait pas demandé de contrôle de police le samedi, que cela venait d'instances supérieures. Ce que je trouve dommage, c'est qu'ils étaient au courant qu'un arrêté ministériel avait été pris en ce sens et qu'ils n'en ont pas fait la publicité auprès des cafetiers.

Le bourgmestre Axel Tixhon estime que c'est la fédération du secteur qui devait diffuser cette information. Entre manque de communication et mauvaise interprétation des textes, la confusion est totale. Ce contrôle servait avant tout à faire de la prévention alors personne n'a été verbalisé.

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