Andenne 5300

Pendant l'été, gare aux attaques des tiques : quelques conseils pratiques pour s'en débarrasser

L’été est là avec son lot de tracas liés aux piqûres et aux morsures d’indésirables, comme la tique... qui n’est pas un insecte, mais qui appartient au groupe des acariens et qui se nourrit du sang de son hôte, animal ou humain.

Jusque là, rien de très inquiétant, mais là où ça se corse, c’est que la morsure de la tique peut être à l’origine d’une maladie infectieuse chez l’humain appelée maladie de Lyme, qui peut avoir des conséquences très variables.

Pascale Huynen, cheffe de clinique à l’ULiège, était ce matin l'invitée de Matin Première pour donner quelques conseils.

En nous piquant, la tique peut nous injecter une bactérie et il faut être vigilant, car si cette bactérie n’est pas soignée, elle peut être très invalidante.

"Elle crée tout d’abord parfois des lésions au niveau de la peau, et c’est la raison pour laquelle on doit regarder, pendant les semaines qui suivent la morsure de tique, si on n’a pas ce qu’on appelle un érythème migrant, c’est-à-dire une rougeur en cocarde qui se développe au niveau de la morsure de tique, détaille Pascale Huynen. Mais parfois, ça ne donne pas ce symptôme-là et on peut s’apercevoir seulement plus tard, avec des atteintes plus sévères parfois neurologiques ou articulaires, de la maladie de Lyme. Mais il faut faire une prise de sang pour faire le diagnostic, puisque ça peut parfois être plusieurs années après avoir été mordu."

Comment se protéger ?

"Les répulsifs ne sont pas très efficaces, donc la meilleure méthode consiste à se couvrir. Quand on sait qu’on va en forêt, il faut mettre un pantalon, des chaussettes et des chaussures. [...]

Après toute balade et même au jardin dans les régions dans lesquelles on sait qu’il y a plus de tiques, il faut absolument s’auto-examiner ou s’examiner l’un l’autre pour voir s’il n’y a pas une tique qui s’est logée. Elle se loge le plus souvent dans des endroits un peu chauds et humides, donc ce sont des endroits qui sont parfois peu accessibles à l’œil nu : au niveau des aisselles, le pli des genoux, derrière les oreilles, parfois dans le bas des cheveux.

Il faut s’examiner tout de suite après les balades parce que plus la tique restera attachée longtemps, plus la bactérie risque de passer dans le sang de l’homme. On sait que si la tique reste attachée moins de quatre heures, le risque est vraiment très faible."

Y a-t-il des régions plus touchées que d’autres en Belgique ?

"Tout ce qui est Ardennes, avec les bois, oui, mais on sait aussi qu’à cette époque-ci de l’année, on en a aussi dans la province de Liège, et il y en a aussi dans les jardins. Donc, il faut vraiment s’examiner, et notamment les enfants, quand on s’assied dans l’herbe, tout simplement, pour pique-niquer."

Néanmoins, la maladie de Lyme, ça se soigne ?

"Oui, ça se soigne très bien et il n’y a pas de résistance connue aux antibiotiques. On soigne des symptômes, donc ce n’est pas parce qu’on a été mordu par une tique qu’on prend des antibiotiques, évidemment. Sinon, il y a des personnes qui seraient traitées toute l’année, comme les gardes forestiers ou les personnes qui travaillent plus spécifiquement dans les régions plus à risques.

Donc, après une morsure de tique, si on a observé la tique, il faut suivre qu’il n’y ait pas de symptômes qui apparaissent. Si on a un érythème migrant, on traite d’office. Dans les autres cas, même dans le cas d’une paralysie faciale par exemple, pour laquelle on sait que c’est généralement spontanément répétitif, on va aussi donner des antibiotiques parce que la borréliose a cette particularité d’évoluer en plusieurs stades.

Si on ne diagnostique pas au stade primaire parce qu’il n’y a pas eu de symptômes juste après la morsure de tiques ou qu’on n’a tout simplement pas vu la morsure de tique, ça peut évoluer vers un stade qu’on appelle secondaire, avec des atteintes qui peuvent être articulaires, neurologiques ou cutanées. Et donc, quoi qu’il arrive, quand on met en évidence une maladie de Lyme, on la traite systématiquement."

Mais toute piqûre n’entraîne pas une maladie de Lyme ?

"Non, parce que toutes les tiques ne sont pas infectées. Il y a plusieurs facteurs : il y a d’abord le fait que la tique soit infectée ou non, et la deuxième chose, c’est la durée pendant laquelle la tique reste accrochée au niveau de la peau.

Si elle ne reste que quelques heures, le risque de transmission est très faible parce que la tique a la bactérie soit au niveau des glandes salivaires, soit au niveau du tube digestif, et il faut le temps pour qu’elle injecte la bactérie pendant son repas sanguin."

Il faut aussi faire attention pour enlever la tique.

"Il ne faut surtout pas utiliser de l’éther, comme on le recommandait il y a des années, parce que quand on endort la tique, elle régurgite, et donc elle va régurgiter le contenu de ses glandes salivaires dans le sang de l’homme.

Il faut utiliser ces petites pinces qu’on voit maintenant couramment partout pour aller vraiment rechercher la tique et alors retirer ce qu’on appelle le rostre. Le rostre est la petite partie que la tique insère dans la peau pour pouvoir faire son repas sanguin. Il ne faut donc pas la presser non plus."

Retrouvez l'article original sur RTBF