Andenne 5300

Activités scoutes à dix : entre joie des retrouvailles et frustration

Malgré la météo est froide et maussade et le terrain boueux, on devine de larges sourires derrière les masques des éclaireurs de l’unité scoute de Namèche.

Ils ne se sont plus retrouvés depuis l’interdiction pour les plus de douze ans de se regrouper et de fréquenter les mouvements de jeunesse. Ces scouts avaient tenté de maintenir le contact par écrans interposés, mais ce n’était pas vraiment la même chose. "Même si on pouvait se parler, c’était triste de ne pas se voir réellement", commente l’un d’eux. Le groupe est cela dit restreint : dix jeunes maximum, pour respecter les nouvelles mesures sanitaires en vigueur. Les différents groupes d’éclaireurs sont répartis sur différents lieux de la commune, pour ne pas se rencontrer. Chez les ados, cette limitation passe plutôt bien : "Vu qu’on est moins nombreux, on va aller vers d’autres gens que ceux qu’on avait l’habitude de fréquenter. Ce n’est pas forcément un handicap, c’est une autre expérience", relativise un autre scout. Margaux, l’une des animatrices, lance l’activité : un "base-ball" champêtre, réclamé à cor et à cri par les animés. "C’est vraiment une belle journée", se réjouit-elle.

Maintenir une impression d’unité malgré tout

A quelques kilomètres de là, chez les plus jeunes, les louveteaux, l’ambiance est plus mitigée. Ils avaient jusqu’ici pu continuer leurs activités, en grand groupe d’une quarantaine d’enfants. Mais à présent la règle est la même pour tous, qu’on ait moins de douze ans ou plus de douze ans : pas plus de dix par groupe. "Ça fait bizarre, je préfère un grand groupe", confie un des louveteaux. Chaque groupe est attendu au point de rendez-vous à un quart d’heure d’intervalle, pour éviter aussi les croisements. Les animateurs ont redoublé de créativité pour limiter la frustration des plus jeunes et maintenir malgré tout un semblant d’unité : "Ils font tous le même jeu. Chaque groupe de dix est en concurrence avec les autres et on déterminera le gagnant à la fin", explique Noé. Le défi était de taille pour l’unité, mais son équipier, Jean-Jacques Delporte, prend cela avec philosophie : "On tire profit de notre faculté d’adaptation pour faire face. Ça a commencé avec les camps l’année dernière. Ici c’est juste une nouveauté en plus".

Un défi organisationnel

La plus grosse difficulté pour cette unité scoute n’a pas tellement été de trouver suffisamment d’animateurs pour tous ces petits groupes, mais plutôt des lieux pour organiser les activités sans que les groupes ne se côtoient. "En temps normal, on sort encore dans les bois et en différents endroits, poursuit Jean-Jacques Delporte. Ici, si les enfants ne doivent pas se rencontrer et que les bulles doivent rester séparées, il faut trouver tout un tas d’endroits : le local, les bois, un champ, une cour de récréation… On a divisé la section éclaireurs en quatre, la meute de louveteaux en quatre, les baladins en trois, pour les pionniers qui sont moins nombreux ça va… Mais il y a des unités qui se retrouvent avec des meutes de plus de soixante louveteaux et ça devient plus compliqué pour eux". Pour diviser les groupes, sans perdre l’esprit d’unité, la Fédération leur a également donné des conseils : "Assurer que chaque enfant se retrouve au moins avec une personne qu’il connaît bien, ne pas faire des groupes fixes mais en faire évoluer la composition chaque semaine afin que chaque enfant puisse être en contact avec tout le monde dans le groupe", précise Adrien Mogenet, son porte-parole. Dans la ligne de mire des scouts, il y a bien entendu les camps d’été. Chacun croise les doigts pour que, comme l’année dernière, ils puissent s’organiser sans encombre.

Stéphanie Vandreck

Retrouvez l'article original sur RTBF