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Reconnaître internet comme un besoin essentiel au même titre que l’eau, le gaz ou l’électricité

L’eau, le gaz ou l’électricité sont des biens de première nécessité ; si une personne se trouve en difficulté financière, un minimum de fourniture est tout de même assuré. Les ombudsmans belges souhaitent intégrer internet à ces besoins essentiels, notamment en raison des changements d’habitudes provoqués par la crise du coronavirus.

"L’accès à une connexion internet est devenu une nécessité sociale pour une grande partie de la population, et n’est plus uniquement destiné aux loisirs et comme source d’information", explique le réseau des ombudsmans belges dans sa recommandation aux autorités fédérales, régionales et locales.

En effet, en Belgique, cet accès dépend de fournisseurs : chaque personne est libre de souscrire à un abonnement internet disponible auprès d’une société commerciale. Et en cas de défaut de paiement, la connexion internet est coupée.


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De plus, tout le monde ne dispose pas du budget, des compétences ou de l’équipement pour ceci alors que de plus en plus de services bancaires et de services publics se numérisent. Un point déjà rapporté par le Médiateur fédéral depuis plusieurs années au Parlement : "Beaucoup de citoyens ne peuvent pas utiliser des services devenus exclusivement digitaux".

Et la crise du coronavirus n’a rien arrangé. Généralisation du télétravail, cours et école à distance ont creusé la fracture numérique avec les 8% des Belges qui n’utilisant pas internet, selon Statbel.

Une reconnaissance pour évoluer avec la numérisation de la société

Depuis le début de la crise en mars, l’accès physique à des services ou à la vie publique est limité. Les funérailles, les CPAS, les bibliothèques, des prises de rendez-vous via internet. Ces exemples sont remplacés par des systèmes en ligne qui peuvent donc bloquer l’accès à ces personnes ne bénéficiant pas d’internet.

Tant pour les services publics que privés, cette reconnaissance comme besoin fondamental permettrait une émancipation par son utilité sociale. "Ceux qui n’ont pas accès à internet perdent un important accès vers l’information, sont limités dans leurs contacts, sont entravés dans leur accès à l’e-gouvernement, etc.", détaille le communiqué.

Raison pour laquelle les ombudsmans appellent donc les autorités à reconnaître l’accès à internet comme un besoin essentiel.

C. L.

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