Grâce-Hollogne 4460

Les Marches pour le Climat ont deux ans, bilan d’anciens lycéens

Avec la pandémie, les Marches pour le Climat sont à l’arrêt. Pourtant, ces mobilisations existent depuis plus de deux ans en Belgique. Des anciens lycéens ont accepté de revenir sur les raisons de leur participation et de faire le bilan.

Ils s’appellent Logan, Louise et Aubry, et ils étaient tous présents aux Marches pour le Climat à Liège, Bruxelles ou Namur. Maintenant étudiants, ils ont tous pris du recul. Logan, lui, étudie l’écriture multimédia. À l’époque, ses professeurs de rhéto l’ont encouragé à participer. Pour le jeune homme, il était capital que les jeunes se réveillent, "J’avais déjà des idées écologistes avant d’y participer. J’avais peur et j’ai toujours peur pour l’avenir de l’humanité. Dans une époque où la jeunesse se sentait plus responsable et mobilisée envers différentes luttes, avec les Marches, j’attendais que les politiques se bougent un peu et nous écoutent. Les jeunes ont pris conscience qu’il faut changer les choses et que ce ne sont pas les adultes qui vont le faire".


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Durant plusieurs mois, ils se sont donné rendez-vous tous les jeudis dans tout le pays. Mais finalement, ces Marches ont-elles réellement eu un impact ? Louise est étudiante en communication, elle était présente dès les premières Marches, "je participais d’abord en tant que jeune qui avait envie de s’engager, puis ensuite, je suis rentrée dans le mouvement Youth For Climate. C’était la première fois que je m’engageais en tant que citoyenne, j’avais 16 ou 17 ans. Je me suis engagée très fort, j’ai mis des choses de côté, notamment une partie de ma scolarité. Et maintenant, ça a un impact sur ma manière de penser et de consommer. Je suis en kot et je me rends compte que je ne consomme pas du tout comme d’autres amis. Je fais attention à mes déchets, j’essaie d’acheter en vrac un maximum, je fais attention à ma manière de chauffer, de me déplacer ".

Ça permet de pouvoir se forger un caractère et donc se battre pour toutes les causes qui nous tiennent à cœur

Certains lycéens étaient déjà concernés par les sujets de société sans avoir jamais osé y prendre part. Pourtant, grâce aux Marches, ils sont devenus rapidement des citoyens engagés comme Aubry, lycéen à Verviers. "Ça m’a permis de pouvoir me mobiliser encore plus. C’était plus ou moins les premières manifestations que je faisais, ensuite, il y en a eu bien d’autres. Le but, c’était de mettre l’écologie au centre du débat politique et de montrer que même les jeunes pouvaient avoir des initiatives. Ces Marches ont permis de pouvoir se forger un caractère et donc se battre pour toutes les causes qui nous tiennent à cœur et apprendre à les défendre. Elles peuvent être écologiques, anti-racistes, ou pour la justice sociale. En tout cas, ces mobilisations ont permis vraiment de s’engager socialement, politiquement et idéologiquement".

Je me suis détachée du mouvement du climat pour aller dans d’autres mouvements plus radicaux

Pour approfondir sa démarche écologiste, Logan a choisi de participer à Clim’ACTES, une université d’été qui lutte contre le réchauffement climatique. L’étudiant réalise également un stage au sein de l’ONG belge Viva Salud, qui lutte pour le droit à la santé. Quant à Louise, elle est aussi allée plus loin, "Je me suis détachée du mouvement du climat pour aller dans d’autres mouvements plus radicaux, comme les Zads à Arlon". Les Zads, c’est une action citoyenne et écologiste qui lutte contre le bétonnage de la faune et de la flore. Depuis plus d’un an, les activistes occupent une parcelle de 31 hectares vers Arlon, appelé la Sablière, qui fait l’objet de plusieurs projets immobiliers.

Depuis les mobilisations, Logan, Louise et Aubry se sont investis dans différentes causes. Ces Marches ont donc permis de révéler une nouvelle génération de citoyens impliqués dans la société.

Lola Nunes (st)

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