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Liège: "Nicole.", un nouveau magazine dédié à la sexualité féminine

Sara Martin Garcia est une jeune diplômée de l’École Saint-Luc de Liège.

La jeune femme vient de sortir un nouveau magazine dédié à la sexualité féminine. "Nicole.", c'est le nom de ce magazine sans tabou, pour ouvrir les esprits et partager des réflexions.

Sara Martin Garcia était l'invitée de Liège-Matin. Nous lui avons posé quelques questions sur ce nouveau magazine.

Fabian Magri: Nicole.lemagazine, ce n’est pas un périodique papier traditionnel. Où peut-on le retrouver?

Sara Martin Garcia: "Vous pouvez retrouver Nicole. sur les réseaux sociaux. D'une part sur Facebook, nicole.lemagazine, avec un article par semaine, le jeudi, à 19 heures. Et sur Instagram, sous le même nom, avec des publications tous les jours".

Que voulez-vous apporter de plus avec Nicole.? Comment voulez-vous vous différencier des autres pages et blogs déjà dédiés à la sexualité féminine?

"Nicole. se différencie des autres pages de deux façons. La première, c'est par son ton. C'est très important pour moi d'utiliser un ton ouvert d'esprit dans le contenu que je propose. La seconde, c'est que je m'adresse à tout le monde, c'est-à-dire aux femmes, mais aussi aux hommes car la sexualité féminine et le corps féminin concernent aussi les hommes, et c'est une particularité du magazine. Je suis convaincue qu'exclure les hommes du débat concernant la sexualité et le plaisir féminin, et plus globalement des débats féministes, c'est contreproductif. On est bien plus forts ensemble que les uns contre les autres".

Vous vous autorisez à parler de vraiment tous les sujets...

"Totalement. Je vais aborder des sujets différents qui tournent toujours autour de la sexualité féminine mais le thème est très vaste et très riche. Les thèmes abordés dans le futur dépendront de l'actualité, de mes envies, des rencontres et forcément des suggestions et réactions des lecteurs et des lectrices".

La reconnaissance de la sexualité féminine, c’est un combat féministe, politique. Est-ce que Nicole. veut être un magazine militant?

"Si affirmer sa sexualité et affirmer son épanouissement dans son corps, c'est être féministe, et bien alors je pense que nous sommes 5 millions de féministes. En tout cas, mon positionnement, c'est de proposer un magazine engagé, qui reflète vraiment l'envie des femmes, de faire bouger les choses. Changer les mentalités et pouvoir porter leurs voix en parlant sans langue de bois et sans tabou".

Dans le premier article, on peut lire que la société dépossède la femme de son corps. Pour lui permettre de l’habiter, est-ce qu’il ne faut pas éduquer les hommes? Leur expliquer qu’ils n’ont pas de droit de propriété sur le corps des femmes?

"Je pense qu'il faut informer les hommes, ouvrir les esprits des hommes, mais aussi ceux des femmes. Expliquer aux hommes qu'ils n'ont pas le droit de propriété sur le corps des femmes, oui, bien sûr, mais aussi rappeler aux femmes qu'elles sont les seules propriétaires de leur corps et que les choix relatifs à leur corps leur appartiennent totalement. Je pense que ça va vraiment dans les deux sens".

La sexualité féminine reste un sujet souvent tabou. L’envie de concrétiser ce projet, est-ce que c’est votre contribution personnelle pour décomplexer le débat?

"Oui bien sûr. J'ai commencé ce projet dans le cadre scolaire. Déjà amener ce sujet dans les classes, c'était déjà pour moi un premier pas vers la libération de la parole. Ensuite, la concrétisation de Nicole. dans le monde réel et professionnel, ça poursuit totalement cette démarche et ça concrétise aussi mon envie justement de bousculer les mentalités".

Quelles sont vos sources pour l’écriture des articles?

"J'ai commencé à travailler les sujet dans le cadre de mon mémoire. Il y a donc déjà une grosse partie de recherches et d'interviews qui a été effectuée à ce moment-là. Je me suis beaucoup informée, j'en ai beaucoup discuté, notamment avec des spécialistes comme les sexologues. Ces recherches, je les continue au quotidien à travers des lectures, des documentaires. Et pour les articles, je m'adresse aussi à des professionnels".

 

RTBF

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