Liege 4000

Liège : un boulevard urbain trop autoroutier ? L'appel d'offres est publié

Le futur boulevard urbain de Droixhe doit remplacer l'actuelle entrée d'autoroute. La Région Wallonne vient de publier l'appel d'offres. Le mouvement de gauche Demain n'y trouve pas son compte. Certes, le boulevard projeté sera mieux que l'actuel axe autoroutier nous explique Raphaël Pilette, mais le projet va manquer sa cible estime-t-il : ce boulevard ne va pas pacifier la circulation automobile à l'entrée nord-est de Liège.

Un aspirateur à voitures

Le plan estime-t-il manque de passages piétons vers la Meuse : "pour les habitants des tours de Droixhe, c'est simple, il n'y a rien." Raphaël Pilette regrette que seule une piste cyclable ait été prévue le long du fleuve. Il la trouve nécessaire, mais s'attend à ce que des piétons souhaitent profiter du bord de Meuse. Il juge que la vitesse est trop peu limitée et que ce sera dangereux pour ceux qui essaieront de traverser. "C'est vraiment le strict minimum de ce qu'on attend d'un boulevard urbain. Regardez le quai de Rome. On y a supprimé une trémie et il y a un passage pour piétons sécurisé pratiquement tous les cent mètres."

Justement, au niveau de l'ancienne usine Chat noir, il y aura une nouvelle trémie. "Déjà, l'emprise de cette trémie est colossale. Cent mètres d'un côté et cent mètres de l'autre. C'est un ouvrage typique des grandes routes nationales et qui ne convient pas du tout pour un boulevard urbain. C'est ce qu'on appelle un aspirateur à voitures. Entre un carrefour à feux et une trémie, le carrefour à feux régule la circulation alors qu'avec une trémie, on passe."

Raphaël Pilette reproche au projet de rester centré sur la gestion des flux automobiles : "à un moment donné, il faut savoir ce qu'on veut. S'il s'agit de restreindre la part modale de la voiture, diminuer la place de l'automobile en ville de 30 à 50 %, on ne peut pas continuer à faciliter l'accès à la voiture en ville".

Au cabinet du ministre Henry, on nous laisse entendre que le projet est hérité d'un gouvernement précédent et que des aménagements seront possibles, que même s'ils ne sont pas tracés, des emplacements sont prévus pour d'éventuels futurs passages pour piétons. Oui mais "Dans le projet, la potentielle installation future de feux de signalisation est liée à des tranches conditionnelles et dans les marchés publics, ça veut dire suivant les budgets disponibles, à condition de trouver les sous".

Les entreprises de travaux publics doivent rentrer leurs offres pour le 17 août prochain. Tous les documents, y compris les plans sont disponibles ici et ici.

François Braibant

Retrouvez l'article original sur RTBF