Tubize 1480

Tubize: à l'initiative de DéFI, la majorité demande à la Région de mener une enquête indépendante sur l'affaire Picalausa

Quelques échanges tendus ont animé le conseil communal de Tubize ce lundi soir.

Deux élus de l’opposition, Benoît Langendries (Renouveau communal) et Samuel D’Orazio (MR), ont interpellé le bourgmestre, Michel Januth (PS), sur les suites de ce qu’on appelle "l’affaire Picalausa", du nom de l’ancien échevin des travaux qui a démissionné en mars en raison d’irrégularités dans son dossier cadastral.

Pour les conseillers, la question centrale est de savoir qui était au courant des manquements et depuis quand. Plusieurs documents mis au jour ces dernières semaines laissent penser que la situation de Michel Picalausa était connue de longue date. Mais le bourgmestre a une nouvelle fois répété qu’il n’était pas au courant de la nature des irrégularités. Il ne savait pas que son échevin ne payait pas de précompte immobilier pour sa maison depuis quinze ans. Et selon lui, rien, aucun élément ni aucun document, n’aurait pu lui mettre la puce à l’oreille ces dernières années.

Michel Januth a esquivé les questions précises qui lui étaient posées, s’en tenant à une déclaration minutieusement préparée. Mais devant l’insistance des élus, le bourgmestre a tout de même répliqué, manifestant parfois son impatience, pour ne pas dire son agacement.

Une majorité malmenée

La nouveauté de la soirée, c’est tout de même le bourgmestre qui l’a annoncée : la majorité a écrit un courrier au ministre wallon des pouvoirs locaux, Christophe Collignon (PS), afin qu’il diligente une enquête sur cette affaire. En réalité, c’est l’échevin Mourad Abdelali (DéFI) qui est à l’initiative de cette lettre. Il dit n’avoir pas été totalement convaincu par les explications fournies jusqu’à présent par le bourgmestre et par le directeur général concernant la situation cadastrale de Michel Picalausa depuis 2014.

"Je reste avec des questions et des interrogations, confie-t-il. Donc, j’ai pris l’initiative de présenter un courrier au collège, à destination de la tutelle. Ce courrier demande une enquête indépendante et externe pour que nous puissions avoir toutes les réponses sur ce dossier."

Avant d’être envoyé, ce courrier a donc été validé par les partenaires de la majorité. Mourad Abdelali espère maintenant que l’enquête sera menée rapidement, mais gare à la précipitation.

"Au plus vite, au mieux, évidemment. Mais je ne voudrais pas que le travail soit bâclé. Il faut qu’on prenne le temps de faire toute la lumière et de lever toutes les zones d’ombre dans ce dossier."

L’échevin DéFI reconnaît que cette affaire Picalausa est une épreuve pour la majorité. "Ma confiance a été quelque peu ébranlée", ajoute-t-il. Reste à voir si l’enquête demandée à l’autorité de tutelle permettra de la rétablir complètement.

Une certitude, dans les rangs de l'opposition, ni la déclaration du bourgmestre ni la demande d'une enquête à la tutelle n'ont convaincu. Pour le MR et pour Renouveau communal, de trop nombreuses questions restent sans réponse. Assurément, le dossier n'en restera pas là.

Ci-dessous, notre reportage sur le conseil communal

Hugues Van Peel

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