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"Yes we plant", planter 4000 kilomètres de haies en Wallonie : où en est ce projet lancé en 2020 ?

Au moins 305 kilomètres de haies et 185.000 arbres plantés. C’est le bilan du vaste projet "Yes, we plant" lancé en novembre 2020, dont l’objectif est de planter 4000 kilomètres de haies et/ou un million d’arbres en Wallonie d’ici à 2024. Interrogée sur la difficulté d’atteindre son objectif dans "Droit de suite" ce matin sur la Première, la ministre wallonne de l’environnement Céline Tellier s’est voulue optimiste en pariant sur sa durabilité : "4000 kilomètres, c’est un défi majeur mais ce qui est surtout important, c’est de sensibiliser à l’attrait du projet et de créer un mouvement de plantation. Et ça, on va y arriver."

Cet optimisme s’explique notamment par un nombre de kilomètres sous-estimé selon Céline Tellier puisque tous ceux qui plantent haies ou arbres n’encodent pas nécessairement leurs plantations et, surtout, parce que les 305 kilomètres de haies relevés au compteur ce jeudi matin n’incluent pas les dernières demandes de subventions. "Nous avons reçu quatre fois plus de demandes de subventions cette saison que la précédente", précise la ministre Ecolo.

Mais un élément vient tempérer quelque peu cet optimisme. Si les plantations de haies sont en effet subventionnées, rien de tel n’est prévu pour le stade suivant autrement dit leur entretien. "Les agriculteurs ne sont pas emballés par ce projet", explique l’ingénieur agronome et agriculteur à Corbais, Claude Henricot.

"Personnellement", poursuit-il, "j’ai planté 1,8 kilomètre de haies et les deux tiers ont été payés par les subventions. Mais ensuite, il y a le coût de l’entretien des haies qui n’est pas pris en charge. 15.000 euros en ce qui me concerne. Les haies, c’est aussi chronophage. C’est pourquoi la grande majorité des agriculteurs n’est pas intéressée. Mais elles sont évidemment importantes pour la biodiversité. Il faut sensibiliser à l’intérêt des haies sinon on n’arrivera pas à planter 4000 kilomètres."

Dans "Droit de suite" ce jeudi matin sur la Première, la ministre Céline Tellier a reconnu que l’entretien constituait un "nœud". "Nous avons prévu de lancer des appels à projets pour des structures qui vont mutualiser ces entretiens. Ces structures auront comme objectif de s’occuper de l’entretien des haies et les coûts ne seront pas supportés par les seuls agriculteurs. L’avantage, est financier pour l’agriculteur. Il ne faut pas oublier non plus que la taille des haies va apporter une plus-value financière à l’agriculteur, qu’il va pouvoir par exemple valoriser sur le plan de l’énergie car il crée de la biomasse avec ces haies. Et donc il va pouvoir avoir un retour sur investissement."

Le projet de plantation de haies et d’arbres à l’horizon 2024 comporte d’autres mesures comme la signature d’un contrat de culture entre les autorités wallonnes et les pépiniéristes qui y voient un intérêt en termes d’emplois.

"En tant qu’autorité publique", poursuit la ministre de l’environnement, "nous leur avons commandé des plants pour les prochaines années afin de s’assurer que l’on ait suffisamment de plants wallons. Nous allons aussi lancer un label consacré aux plants wallons pour valoriser nos pépiniéristes localement."


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Les projets de restauration et de préservation de la biodiversité ne manquent pas. Le plus difficile reste de convaincre tous les acteurs d’y participer en mettant en avant l’intérêt à long terme de la biodiversité.

 

Africa Gordillo

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