Rochefort 5580

Réouverture: la soupe à la grimace des restaurateurs rochefortois

A l'issue du Comité de concertation d'hier, le secteur Horeca se retrouve divisé. Par exemple, les restaurateurs et cafetiers qui disposent d'une terrasse sont avantagés. Exemple à Rochefort.

À trois semaines d'un retour aux affaires, la gérante de la Gourmandise, un restaurant rochefortois, prépare déjà sa terrasse, l'une des plus grandes du centre-ville. Les pavés méritent un léger ravalement de façade et le mobilier doit être complètement nettoyé. Prévue initialement pour le 1er mai, la réouverture des terrasses est postposée à la date du 8 mai par le gouvernement fédéral, au grand dam de Véronique Halloy, pour qui cette semaine supplémentaire, c'est celle de trop:

Elle compte cette semaine parce que c'est un nouveau mois entamé, pour lequel on doit payer des charges et il n'y a pas un franc qui rentre. C'est sûr que le plus vite on rentre, mieux c'est ! 

Deux cents mètres plus loin, Myriam Gatez dépoussière l'arrière de son établissement. Cette restauratrice préside également le comité des commerçants rochefortois. Hier, déçues par les annonces gouvernementales, elle se disait prête à braver l'interdiction et servir en terrasse dés le 1er mai. Mais depuis, Myriam s'est entretenue avec la Bourgmestre de la commune qui compte faire respecter scrupuleusement la loi.

On ne se sent pas du tout soutenu par elle. Il faut toujours se battre tout seul alors que Rochefort a besoin de ses restaurants, de ses terrasses, pour vivre. En ce moment, la ville est morte. Je suis déçue. Corine Mullens se retranche derrière la loi et c'est comme ça...

"C'est discriminatoire"

Dans un autre restaurant du centre, le patron, Bruno Compas, a décidé ne pas rouvrir le 8 mai prochain. Sans le service en salle, sa petite terrasse, prévue pour installer six tables maximum, n'est pas rentable.

6 tables, cela fait 12 personnes par repas. Payer un membre de personnel et les marchandises pour si peu, sans connaître les conditions météo, ce n'est pas intéressant financièrement. Je peux comprendre que certains grands établissements, avec des grandes terrasses, veulent retravailler, comme tout le monde d'ailleurs, mais la mesure est discriminatoire. Elle sert à diviser plutôt que rassembler.

À Rochefort, tous les restaurateurs et cafetiers ne disposent pas d'une terrasse. Au Buffalo Lunch, un établissement spécialisé dans les grillades, les gérants Carine et Eric ont investi dans une véranda il y a quelques années. Eux aussi, ils se sentent floués par les dernières décisions.

Il est certain que si on rouvre les terrasses, plus personne ne viendra chercher nos plats à emporter. Le gouvernement a voulu donner de l'espoir aux gens en rouvrant les terrasses, on le comprend. Tant pis pour nous, on prendra notre mal en patience.

Fermé depuis le 19 octobre, l'horeca rochefortois mort sur sa chique. Peu importe les situations, c'est tout un secteur qui attend enfin des jours meilleurs.    

A l'issue du Comité de concertation d'hier, le secteur Horeca se retrouve divisé. Par exemple, les restaurateurs et cafetiers qui disposent d'une terrasse sont avantagés. Exemple à Rochefort.

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