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Rassemblements du secteur Horeca à Liège: "On ne peut plus attendre"

Les collectifs Wallonie Horeca et Resto Bar Bruxelles, qui représentent un millier d'établissements, organisent des rassemblements dans 32 communes ce vendredi après-midi.

En province de Liège, cela se passera à Bütgenbach, Herve, Huy, Liège, Malmedy, Spa et Visé. Ce seront des manifestations statiques, de 100 personnes maximum, sur le thème: "Commerces à remettre". Première revendication: l'ouverture urgente des commerces Horeca, au plus tard le 1er avril. Nous sommes allés à la rencontre de trois coordinateurs de ces différents rassemblements.

On sait qu'on ne sera pas les premiers à rouvrir, mais qu'on nous aide!

L'un d'entre eux, Marc Ronveaux, est patron du Moulin de Solières, une discothèque, et de l'O-Zone, un bar à cocktails. Il coordonne le rassemblement de Huy. "L'Horeca, l'événementiel, etc., on est pratiquement à l'arrêt pour certains depuis plusieurs mois, et pour nous, les patrons de discothèque, ça va faire un an que nous sommes à l'arrêt. Les banques ne nous suivent plus. Les assurances ne font pas de geste. Le moratoire s'est terminé ici le 31 janvier. En plus de ça, quand on voit ce qu'ils veulent imposer à un coiffeur pour quelques mètres carrés, on se demande ce qui va nous tomber dessus pour l'Horeca et l'événementiel. Ça devient difficile. J'ai dû trouver un emploi supplémentaire. On peut comprendre qu'il y a toujours le Covid qui est bien présent, et que maintenant, il y a les variants. On veut bien écouter le gouvernement, on sait bien qu'on ne sera pas les premiers à rouvrir, mais qu'on nous aide! Il nous faut absolument des primes, et rapidement, pour pouvoir sortir un peu la tête hors de l'eau".

D'autres commerçants, comme des coiffeurs ou des esthéticiennes, ont également rejoint le mouvement: "Ils sont dans le même cas que nous, même s'il y a moins longtemps que nous. Et je pense qu'après, nous allons certainement faire d'autres actions beaucoup plus fortes" explique Marc Ronveaux.

On se sent les punis de cette crise

"Le message qu'on veut faire passer, ce n'est plus un appel à l'aide, mais c'est un grand message de ras-le-bol et d'incompréhension" estime Marie Halkein, du restaurant Moment, et une des responsables du rassemblement organisé à Liège. "On nous laisse pour la deuxième fois sans aucune nouvelle, avec très peu d'aide. Nos entreprises s'endettent, les aides ne sont pas suffisantes. De mars à mars, on aura été fermé pendant 8 mois. On a suivi toutes les règles, on a joué le jeu pour le tracing, on avait beaucoup plus de contraintes que n'importe quel autre type de commerce. Pour tout ce qui était séparations, on a fait des investissements. On se sent un peu les punis de cette crise. On nous laisse avec toutes nos charges, nos loyers, les taxes, les assurances. On n'a plus d'accord sur nos crédits bancaires, et donc nos sociétés sont en péril. On aimerait des perspectives, on aimerait rouvrir, pas sous n'importe quelles conditions, pas n'importe comment, on sait que la santé est importante, mais on a besoin de retravailler. On est vraiment au bout du rouleau, et financièrement, et moralement".

La situation n'est plus tenable. Qu'on mette des protocoles en place pour qu'on puisse travailler

"On est unis, soudés. La situation pour nous n'est plus tenable" confie de son côté Valérie Migliore, du restaurant Caffé Internazionale, et également une des responsables du rassemblement organisé à Liège. "Trop de nos confrères commencent à tomber dans une grosse détresse financière personnelle. Ma société fonctionnait très bien avant la crise. Je ne suis pas très riche, mais j'arrivais à payer mon personnel, mes fournisseurs, mes loyers. Mais maintenant, les caisses de ma société sont vides. On va donc puiser dans nos économies personnelles. Et là, ça commence à s'épuiser aussi. Les aides ont le mérite d'exister, mais elles sont nettement insuffisantes. Si même on est bien conscients que le gouvernement n'a pas les moyens de subvenir à nos charges fixes, on n'a plus les moyens nous non plus de le faire. Maintenant, on a besoin de perspectives claires et d'objectifs. On ne s'oppose nullement au sanitaire. Qu'on mette des protocoles sanitaires en place pour nous permettre de travailler. On ne peut plus attendre".

A Huy, une entrevue est prévue entre des participants et le Ministre wallon Christophe Collignon.

Martial Giot

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