Qui est Frank Robben, désigné "Big Brother de l'année"?

C'était ce mercredi 3 mars : les 2021 Privacy awards sont décernés.

Ces prix, créés par le chien de garde du web belge Ministry of Privacy, salue par ses récompenses des initiatives positives en matière de respect de la vie privée : l’entreprise de l’année, l’app de l’année, l’autorité de l’année… Mais un prix spécial est décerné : celui du Big Brother de l’année, en référence à l’ouvrage de Georges Orwell. Avec l’année coronavirus, la mise en place du tracing, les questionnements autour du respect de la vie privée, pas étonnant que la récompense soit remise à Frank Robben le patron de Smals. Mais qui est Frank Robben, représentant du bras informatique de l’Etat belge ? Tracing, bases de données de Sciensano, testing… Depuis de la crise du coronavirus en Belgique, Smals est au centre de tout. Au point de susciter des interrogations et des critiques.

Grand pouvoir entre et à travers ces fonctions

C’est le Ministry of Privacy qui le dit : le choix de Frank Robben est naturel, il découle du "manque de transparence quant à ses nombreuses fonctions, l’imbrication et surtout au grand pouvoir entre et à travers ces fonctions, sans oublier le manque de contrôle démocratique". Frank Robben n’est pas un politique, il échappe à tout contrôle public. "En raison de (sa) grande puissance, Robben décide souvent seul des prestataires de services qui conçoivent des projets importants (et le fonctionnement de ces projets), avec un impact particulièrement important sur notre vie privée individuelle."

La critique est cinglante pour cet expert âgé de bientôt 61 ans, au cœur d’un sérieux conflit d’intérêts estiment d’aucuns. L’homme est multicasquette. D’un côté, il est membre de l’Autorité de protection des données (l’ancienne Commission Vie privée), au sein de son centre de connaissances. De l’autre, il est administrateur général d’organismes publics comme la Banque Carrefour de la sécurité sociale (BCSS).

Mais aussi d’e-health, la plateforme numérique qui met en relation les données des acteurs des soins de santé). Et enfin, il y a Smals. "Smals soutient et seconde les organismes du secteur social et du secteur des soins de santé – ainsi que d’autres services publics à leur demande – dans leur gestion de l’information afin qu’ils puissent offrir une prestation de services efficace et effective à leurs utilisateurs", dit l’entreprise dont Franck Robben est l’administrateur délégué. Il pilote un conseil d’administration de 25 membres où l’on retrouve des représentants de l’INAMI, de l’ONVA, de Famifed, de ministres…

Le despote de l’Etat selon Wilfried

Pour le magazine Wilfried paru à l’été 2020, c’est bien simple, Frank Robben est le "despote de l’Etat". "Un génie de l’informatique présenté comme totalitaire, anti-francophone, plus puissant que les ministres, titulaire d’un mandat illégal et sujet à quantité de conflits d’intérêts. Incontournable dans le dispositif du "contact tracing", il a mis en place un système digne d’un État policier, d’après les témoignages recueillis."

Une bio express qui fait froid dans le dos. Le portait dresse encore l’image d’un homme au salaire très important "à peine inférieur à celui du CEO de Proximus", avide de pouvoir, désireux d’être "le potentat ombrageux d’un royaume, celui des données privées des citoyens belges en matière de sécurité sociale et de santé publique, impénétrable coffre à renseignements".

La Libre le rappelait en juin dernier à l’heure des premières interrogations autour du tracing : Frank Robben, c’est une carrière entamée au sein du cabinet du CVP Jean-Luc Dehaene alors ministre des Affaires sociales (entre 1981 et 1988). C’est un des "Dehaene boys" comme Johan De Cock, patron de l’INAMI et Koen Snyders (patron de l’ONSS).

Il crée en 1991 la Banque Carrefour de la sécurité sociale (BCSS) dont le but est d’élaborer "la stratégie en matière d’eGovernment pour le secteur social belge". En 1998, on lui doit la carte SIS, qui rassemble nos données médicales. En 2000, il est chargé d’une nouvelle mission : concevoir un plan directeur fédéral en matière d’eGovernment et préparer la mise en œuvre du nouveau Service public fédéral Fedict (Technologie de l’information et de la communication). Il planche sur la création de la carte d’identité électronique à la belge.

La carte SIS, eHealth, c’est lui

Puis ce sera, en 2004, l’arrivée au sein de Smals. La société alors baptisée "Allocations familiales – Société de Mécanographie" voit le jour en 1939. Il était déjà question de collectes de données (sur des cartes perforées et des plaques-adresses) mais pas

RTBF

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