Namur 5000

Quatre heures pour faire Tournai-Namur : de plus en plus de chantiers sur le réseau Infrabel

Tournai-Namur en train, d’habitude, ça prend 1h40.

Mais ce week-end, comptez trois heures, samedi, et même quatre heures, dimanche ! Car deux tronçons seront en travaux ce jour-là sur cette ligne… et les voyageurs devront quitter le train pour prendre un bus de remplacement de Tournai à Saint-Ghislain et de Charleroi à Tamines. Via Bruxelles, ce n’est pas mieux : un chantier est aussi en cours d’Enghien à Hal.

Les chantiers semblent se multiplier sur le réseau ferroviaire. Et ce n’est pas qu’une impression. "Il y en a des dizaines chaque week-end", explique Frédéric Sacré, porte-parole d’Infrabel. "Notre mission, c’est d’avoir un réseau sûr et performant. Ces dernières années, il y a eu un déficit d’investissement. Aujourd’hui, des moyens nouveaux sont alloués par le gouvernement. Ça mène à une multiplication du nombre de chantiers par un effet de rattrapage." Le plan Boost prévoit en effet cent millions d’euros en 2021 pour rénover l’infrastructure.

Le week-end, les vacances, la nuit

Les usagers ne sont pas laissés à eux-mêmes. La SNCB organise des navettes de remplacement… mais ça allonge fameusement la durée des trajets. De quoi décourager les touristes d’un jour de prendre le train en cette fin de congé scolaire. "Le principe de base, c’est de réaliser ces travaux pendant les vacances et le week-end, parce qu’il y a moins de monde dans les trains à ce moment-là." Et pourquoi ne pas rénover ces tronçons durant la nuit ? "On travaille énormément la nuit. En l’espace de vingt ans, on note une augmentation de 66% du travail de nuit, mais il y a des limites".

Et ces limites, c’est d’abord la qualité de vie des cheminots et des ouvriers sous-traitants ainsi que le surcoût salarial que ça représente pour Infrabel. "Pour vous donner une idée, en 2018, ce travail de nuit représentait pour nous un surcoût de 8,5 millions d’euros." Autre limite : la nuit est courte sur le rail : entre le dernier train de la journée et le premier train du matin, cinq heures environ peuvent être mises à profit. Il faut aussi ne pas bloquer les trains de marchandises et veiller au sommeil des riverains… Bref, l’équation est compliquée pour le planificateur de chantiers !

Des lignes complètement bloquées

Certains chantiers avancent petit à petit, de week-end en week-end… Mais d’autres sont menés d’une traite. Comme la ligne Tournai-Mouscron qui sera complètement remise à neuf et pour cela complètement fermée à la circulation pendant trois mois à partir d’août.

Pierre Wuidart

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