Plus de véhicules diesel en 2030 et essence en 2035 à Bruxelles : que feront les navetteurs ?

Le gouvernement bruxellois a décidé, conformément à l’accord de gouvernement, de bannir les véhicules diesel de la capitale en 2030 et ceux à essence en 2035. Cette mesure s’inscrit dans l’ère du temps alors que la Belgique, comme d’autres pays doit évoluer vers le "bas carbone".

Pour les automobilistes, l’interdiction programmée des moteurs thermiques nécessitera des changements d’habitudes. Que devront faire les navetteurs, qui n’habitent pas la capitale, pour se rendre au travail ?

"On va vers l’interdiction des moteurs thermiques un peu partout", a affirmé le ministre wallon du Climat, de l’Energie et de la Mobilité, Philippe Henry, ce vendredi matin sur la Première. Cependant, Pour le moment, le gouvernement wallon n’a pas encore fixé de date pour l’interdiction pure et simple des moteurs thermiques "diesel" ou "essence".

L’évolution wallonne sera plus progressive. En 2019, la Wallonie s’est dotée d’un "Décret relatif à la lutte contre la pollution atmosphérique liée à la circulation des véhicules". Ce décret prévoit l’instauration de zones de basses émissions, d’abord au niveau local, ensuite au niveau régional. En parallèle, la Wallonie a fixé un calendrier pour l’interdiction des véhicules thermiques les plus polluants. Par exemple, un véhicule de norme Euro V ne pourra plus circuler en Wallonie à partir du 1er janvier 2028.

La Wallonie prépare aussi une réforme de la fiscalité automobile qui devrait prendre en compte le niveau d’émission de CO2 des voitures et la "masse-puissance" des véhicules. "L’idée est de favoriser les plus petites voitures", précisait Philippe Henry sur la Première, ce vendredi.

D’ici 2030, un certain nombre de motorisations auront donc disparu, mais en 2030, des Wallons auront donc encore probablement des véhicules équipés de moteurs thermiques, certes des motorisations moins polluantes, mais cela ne leur permettra pas d’entrer dans la capitale. Que pourront-ils faire ?

Avant d’aller vers une interdiction pure et simple des moteurs thermiques, "nous voulons des alternatives à la voiture pour aller à Bruxelles", a expliqué Philippe Henry, Vice-Président du gouvernement wallon et Ministre wallon du Climat, de l’Energie et de la Mobilité, ce vendredi matin.

Ces alternatives reposent essentiellement sur les transports en commun. Du côté wallon, on entend "discuter avec les homologues bruxellois et avec le gouvernement fédéral au niveau des investissements ferroviaires", comme l’a expliqué Philippe Henry. La Wallonie entend aussi investir dans les infrastructures pour "créer en Wallonie l’alternative à la voiture et donner aux citoyens le vrai choix de se déplacer autrement qu’en voiture", explique Philippe Henry.

Pour les voitures de société, l’avantage fiscal ne sera plus octroyé qu’aux véhicules électriques ou neutres en émissions à partir de 2026.

Le parc des voitures de société immatriculées en Belgique va donc logiquement évoluer vers le 100% électrique. Pour les navetteurs qui bénéficient de cet avantage, l’entrée dans la capitale restera donc possible.

Pour les navetteurs qui ne bénéficieront pas d’un véhicule de société et qui souhaiteront continuer à se rendre à leur travail en voiture, il n’y aura pas d’autre choix que de s’équiper d’un véhicule électrique. On peut espérer, d’ici 2030 de nouvelles évolutions de l’offre de véhicules dans les différentes marques.


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Les autorités ont aussi imaginé un coup de pouce fiscal pour les particuliers qui ne bénéficient pas d’une voiture de société. Ils pourront déduire de leurs impôts une partie des frais d’investissement liés à l’installation d’une infrastructure de recharge à domicile. Ce sera un taux de 45% en 2022 (maximum 1500 €), puis 30% en 2023 (1000 €), puis 15% (500 €) en 2024.

RTBF

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