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Mons, future capitale wallonne du jeu vidéo ?

Mons, capitale wallonne du jeu vidéo, c’est en tout cas l’ambition de Gamemax, une plateforme qui réunit des entreprises du secteur, des centres de formation et des structures qui favorisent le développement de la création de jeux vidéo.

Mons, capitale wallonne du jeu vidéo, c’est en tout cas l’ambition de Gamemax, une plateforme qui réunit des entreprises du secteur, des centres de formation et des structures qui favorisent le développement de la création de jeux vidéo. Et quand on parle de jeux vidéo, on parle aussi de serious game, qui regroupe des applications aussi diverses que la prise en charge et le suivi de personnes âgées dans les maisons de repos, les animations dans les musées ou les jeux pédagogiques pour les entreprises. Un secteur qui pèse aujourd’hui 1100 emplois, compte plus d’une centaine de sociétés et affiche un chiffre d’affaires qui varie entre 80 et 100 millions d‘euros par an.

Un potentiel très prometteur mais qui se heurte aujourd’hui à deux difficultés majeures. La première, c’est la fuite des talents, affirme Savine Moucheron, business developper chez Technocité : "Dans notre centre, nous donnons des formations au gaming depuis 2014. Chaque année, une soixantaine de game designer sortent de chez nous. Des jeunes très bien formés. Tellement bien même que plus de 90% d’entre eux partent créer leur entreprise à l’étranger et surtout au Canada. Jusqu’ici, ils ne trouvaient pas chez nous les structures d’accompagnement et de développement de leurs projets. Mais ça va changer."

Freiné par la crise Covid

L’autre difficulté est liée à la crise sanitaire, selon Jean Greban, directeur de Walga. Cette association sectorielle représentant les acteurs professionnels du jeu vidéo en Wallonie a été créée en 2015 par les studios de jeu vidéo pionniers en Wallonie (Fishing Cactus à Mons, Appeal à Charleroi et Abrakam à Liège). "Les jeux vidéo ont bénéficié d’une exposition médiatique importante pendant et après le confinement : augmentation de la consommation, remplacement des événements sportifs par des tournois d’E-Sport… Mais c’est l’arbre qui cache la forêt, explique Jean Greban. L’annulation des salons internationaux n’a pas permis malgré des tentatives de remplacement par des événements en lignes, aux studios de rencontrer les éditeurs nécessaires au financement et à la distribution des jeux. Idem pour les stands sur les événements locaux qui permettent aux porteurs de projet, surtout ceux qui travaillent sur leur premier jeu, de faire du testing sur leur public, leur permettant de collecter du feed-back utile à l’amélioration de leur jeu. L’accompagnement et les contacts avec les invests publiques sont également freinés."

Un environnement favorable à Mons

Après avoir connu une progression spectaculaire, jusqu’à 20% de croissance en 2018, le secteur connaît un net ralentissement avec un chiffre d’affaires qui est passé de 93 à 70 millions. Mais le potentiel est indéniable et la perspective de l’extension en 2021 du Tax Shelter au jeu vidéo a gonflé les espoirs d’accéder à des financements importants.

Autant d’éléments qui ont poussé les acteurs de terrains à unir leurs moyens et leurs efforts pour créer Gamemax, un consortium qui réunit des partenaires comme Fishing cactus, un des principaux studios de jeu vidéo en Wallonie, Technocité, l’Umons, le Microsoft Innovation Center, Click, la Maison de l’Entreprise ou encore le Museum Lab. Toutes structures déjà installées à Mons sur le parc InitialisObjectif : attirer les investisseurs en créant un terreau favorable à l’émergence de nouveaux projets et le développement de projets existants.


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"On va offrir aux créateurs à la fois des formations, la possibilité de travailler avec un studio réputé mais aussi avec des structures comme “Clic” qui est l’Institut de recherche pour les technologies créatives ou encore le Lab Museum qui permet aux créateurs de tester des préprototypes auprès du public, affirme Savine Moucheron. Bref des outils très pratiques pour faire émerger des projets et les soumettre aux investisseurs potentiels". Ce qui fait aussi partie de la mission de Gamemax.

Le studio Okkult entend bien en profiter. Créé par deux jeunes Montois, ce studio est en train de développer son premier jeu vidéo : “Expédition”, un jeu d’exploration dans un univers glacé peuplé de créatures terrifiantes. Thomas Wostijn et Julien Jumeau apprécient cette opportunité : "Nous pouvons bénéficier de formation grâce à Technocité qui nous accompagne depuis la création de notre studio, mais aussi de locaux, de la possibilité de tester notre projet avec Fishing Cactus et de trouver des investisseurs à travers des évènements et des séances de démonstration organisées par Gamemax. C’est le, soutien qu’il nous fallait pour pouvoir nous développer ici et ne pas devoir partir à l’étranger."


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"Nous accompagnons déjà actuellement une dizaine de projets avec en moyenne trois membres chacun, explique Jean Greban. Plusieurs entreprises déjà établies qui souhaitent développer leur propre IP en plus de leur activité de prestataire de services et les studios déjà établis qui veulent investir dans des projets plus ambitieux. Au total une trentaine de sociétés et start-up actives à l’heure actuelle et chaque année académique apportent de nouvelles opportunités de création d’activité dans le secteur."

Né à Mons, Gamemax entend bien s’étendre sur toute la Wallonie avec des partenaires comme l’Ecole Albert Jacquart de Namur qui est le centre de formation le plus important au sud du pays. Le secteur du jeu vidéo représente 120 milliards de dollars dans le monde. Gamemax en veut sa part !

Thierry Vangulick

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