Le gel va-t-il modifier le prix des fruits et légumes cet été?

Il a encore gelé la nuit dernière, et cela inquiète les agriculteurs.

Certaines récoltes sont d'ores et déjà compromises. Et si les fruits et légumes de notre pays sont moins nombreux cet été, les prix vont inévitablement augmenter.

Face au gel, les producteurs prennent des précautions

A Rosoux, entre Waremme et Hannut, il y a actuellement six degrés, mais les nuits sont glaciales. Les producteurs de fruits prennent des précautions par rapport au gel. Nicolas Goffin, producteur de fruits à Rosoux: "Pour le moment, on est en train de bâcher. Soit on bâche, soit on peut mettre des bougies de cire. Ici, en bâchant, on va gagner grosso modo un degré dû à l'effet de serre qu'on va créer. En mettant des bougies, de l'ordre d'un certain nombre à l'hectare, -ça va de 200 à 500 bougies-, on va gagner un, deux, trois, quatre degrés. Et ça permettra, en fonction de l'intensité du gel, de s'en prémunir".

La nuit prochaine, Nicolas Goffin surveillera de près le thermomètre: "Une fois qu'on atteint le seuil de moins deux degrés, c'est réellement le moment, car en pleine floraison, c'est un stade critique".

Pour l'instant, il n'y a pas de dégâts constatés aux pommiers et aux poiriers: "Il faut savoir que dans toute culture, vous avez un stade qui est risqué pour le gel. Ici, on n'est pas encore dans un stade réellement de bouton blanc ni de fleur. On a une tolérance au gel de moins cinq, et jusqu'à présent, les températures n'ont pas été en-dessous de moins un, moins deux degrés. Donc il n'y a pas trop de soucis pour les poires à l'heure actuelle", poursuit le jeune producteur.

Si la production est moindre, les prix seront plus importants

S'il y a moins de fruits sur le marché à cause du gel, les fruits seront forcément plus chers: "On a entendu effectivement que l'Italie et la France avaient été impactés par le gel assez sérieusement dans les fruits à noyaux. Ici, en Belgique, ça peut être potentiellement le cas, et il est un fait que si la production est moindre, les prix seront certainement plus importants".

Les abeilles, des partenaires de premier plan

Une septantaine de ruches sont déposées ici et là. Pour les fruiticulteurs, les abeilles sont des partenaires de premier plan: "Pour qu'il y ait une pollinisation, il faut que les abeilles puissent travailler. Les abeilles travaillent normalement à partir de dix degrés. Ici, on voit déjà qu'elles réagissent bien, donc on espère que les fleurs seront pollinisées".

Quant aux asperges vertes qui sortent de terre, elles attendent le soleil. Et dans huit jours, elles feront le bonheur de dizaines de milliers de clients.

Marc Mélon

Retrouvez l'article original sur RTBF