Horeca: les grossistes demandent des perspectives

Les restaurants restent fermés pour le moment.

Le comité de concertation de cet après-midi donnera peut-être un calendrier. Tout le secteur attend. Les fournisseurs aussi. Certains n'ont que des restaurateurs comme clients. Et comme eux, ils désespèrent. Nous sommes allés à leur rencontre.

On se retrouve avec des produits qui ne se vendent plus et qu'on doit jeter

Une boucherie bien fournie, des centaines de paquets de pâtes ou encore des macarons pour le dessert. Dans ce grand magasin de la région liégeoise, les clients sont principalement des restaurateurs. Alors, depuis la fermeture de l'horeca, certains produits restent en rayon. Olivier Rémy, grossiste: "Le fait que les restaurateurs ne soient pas ouverts, même s'il y a le take away, on se retrouve avec des produits qui ne tournent plus, qui ne se vendent plus, et là, on est obligés de faire des prix, de liquider ces produits, de faire des ristournes, voire de les donner à des associations qui redistribuent à des gens dans le besoin. Dans le pire des cas, on les jette, ce qui fait des pertes. Un exemple, l'assortiment de petits pains que les restaurateurs mettent sur la table et qui arrivent à date. Encore une fois, ça va aller aux associations, ou ce sera détruit".

On souhaiterait juste des dates butoirs

Sur les routes, nous allons ensuite à la rencontre de Cédric Clamar, un autre professionnel du secteur en livraison dans une  pizzeria qui propose de l'emport. Grossiste en viande, Cédric Clamar a du mal à garder la tête hors de l'eau: "J'ai dû réorganiser ma société en faisant de la vente aux particuliers avec des colis de viande. La perte de mon chiffre d'affaires est immense. Je fais en moyenne entre 8 et 10% de mon chiffre d'affaires, et le reste, c'est de la survie.

Pour ce grossiste, le plus compliqué est surtout de n'avoir aucune perspective: "On ne sait pas vers quoi on va, donc oui, c'est clair que la colère est en train de monter à l'intérieur. Pourquoi? Parce que, vers quoi va-t-on? C'est un point d'interrogation. C'est ce qu'on a encore demandé hier. On souhaiterait juste des dates butoirs, qu'on nous dise, le but est celui-là. Alors, à ce moment-là, on pourra vraiment se dire, ok, on a une perspective de .... Mais non, on se cache derrière des virologues".

Depuis le début de la deuxième vague, ce professionnel n'a touché aucune aide de l'état.

Marie Bourguignon

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