Coronavirus en France : la ville de Dunkerque débordée par le variant britannique, les Belges incités à ne pas s'y rendre

En France, la région de Dunkerque (Nord) est devenue en quelques jours un foyer épidémique gigantesque pour le Covid-19 et particulièrement le variant britannique.

"On a observé en une semaine une évolution extrêmement brutale et une accélération de la circulation du virus, avec notamment une très forte présence du variant anglais, qui circule très vite", explique Hervé Tourmente, sous-préfet de l’arrondissement de Dunkerque. Selon les chiffres de la préfecture du département du Nord, le taux d’incidence atteignait 515 nouveaux cas pour 100.000 habitants, soit une augmentation de plus de 34% en une semaine. Cela représente plus du double du taux d’incidence dans le département.

"On n’est clairement plus sur une vague, on est sur ce qu’on peut appeler une marée avec des coefficients au-delà de ce qu’on a pu connaître", résume à l’AFP le Dr Christophe Couturier, responsable des urgences à l’hôpital de la ville. Sur la soixantaine de malades du Covid-19 hospitalisés à Dunkerque, dont 10 en réanimation, plus de 60% sont porteurs du variant anglais.

L’Agence régionale de Santé a donc annoncé une accélération de la campagne de vaccination pour le territoire dunkerquois, avec 2400 doses supplémentaires du vaccin Moderna, et une augmentation des dépistages gratuits et sans rendez-vous ces jeudi et vendredi à Dunkerque, mais aussi Cappelle-Broucke, Bergues et Wormhout. Le port du masque sera obligatoire dans l’espace public sur l’ensemble des communes de la région urbaine de Dunkerque et des Hauts de Flandre.

Concernant les écoles, la préfecture du Nord et l’académie scolaire de Lille mettent en place plusieurs mesures pour jeudi et vendredi, deux derniers jours avant les vacances scolaires dans les Hauts-de-France, qui dureront jusqu’au 7 mars. Du côté des écoles maternelles et primaires, les rentrées et sorties se font en décalé, pour éviter les attroupements. Pour les écoles secondaires, on alterne entre présentiel et distanciel, pour réduire le nombre d’élèves.


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Enfin, les contrôles aux frontières ont été renforcés, notamment avec la Belgique. "Il y a eu des mesures décidées, qui étaient de dire que les personnes venant en France devaient présenter un test PCR de moins de trois jours, sauf pour les frontaliers et les professions de transport, précise Hervé Tourmente. Ces contrôles-là existaient déjà, mais du fait de cette circulation plus intense sur le territoire, il a été décidé de renforcer les contrôles, de manière que personne ne vienne chercher le virus."

Sur demande française, la police de la côte belge a déconseillé mercredi à ses résidents de traverser la frontière pour se rendre à Dunkerque. Selon le sous-préfet, une centaine de policiers et gendarmes sont en charge de contrôler tous les axes de la frontière. Plus de 3000 contrôles ont été faits en quelques jours. "Ces derniers jours, il n’y a quasiment plus personne qui vient sans test PCR", note Hervé Tourmente.

L'hôpital de Dunkerque: images du 18/02/2021

Intervention de :

- Isabelle Durand-Joly, responsable épidémiologique et maladies infectieuses
- Christophe Couturier médecin responsable des Urgences de Dunkerque
- Justine Leibig directrice du centre hospitalier de Dunkerque

RTBF avec Agences

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