Coronavirus en Belgique : le secteur de l’Horeca appelle à des solutions viables et à une solidarité généralisée

Ce vendredi, un nouveau comité de concertation s’est réuni par vidéoconférence pour faire le point sur la situation épidémiologique dans notre pays. De nouvelles décisions ont été annoncées mais pas de changement en ce qui concerne le secteur de l’Horeca qui n’a toujours aucune perspective.

Et peu de temps avant l'annonce, comme à Bruxelles et dans de nombreuses villes wallonnes, les représentants de l’horeca ont manifesté vendredi leur désarroi face à la situation précaire dans laquelle est plongé leur secteur depuis le début de la crise sanitaire. Au-delà d’une réouverture rapide de leurs commerces, ils attendent des solutions viables et proportionnelles sur le plan financier.
 

"Commerce à vendre", "A l’agonie, ouvrir ou mourir"

La manifestation était organisée par l’antenne locale du collectif "Wallonie Horeca". A Bruxelles, Nivelles, Mons, Liège, la manifestation s’est déroulée en petits groupes devant des lieux symboliques pour réclamer d’urgence des perspectives.

Comme symbole de leur lutte, les représentants de l’horeca ont notamment brandi une affiche "Commerce à vendre". Celle-ci laissait également apparaître les mentions "A l’agonie, ouvrir ou mourir" ou encore "Non essentiel pour le gouvernement, mais essentiel pour nous et nos familles".

L’objectif est de faire réagir les politiques par rapport à la situation du secteur Horeca. "Les aides ne sont plus du tout en phase avec notre réalité financière", a déploré Damien Baert, patron de la Cuve à Bière et de l’Antidote Café. "Il faut absolument qu’elles soient proportionnelles au coût actuel de la fermeture de nos établissements".

Thierry Neyens, le président de la Fédération Horeca Wallonie confirme ce propos. Il conçoit que suite à la réouverture des commerces de contact non-essentiel, la réouverture des restaurants puisse être décalée mais il souligne qu’à partir de ce moment-là, il est impératif que les aides soient calibrées en fonction des pertes du chiffre d’affaires.

Le secteur appelle les politiques à une réflexion par rapport à la réouverture. "Au-delà de sa rapidité, ce qui compte pour nous c’est surtout qu’elle soit cohérente avec la réalité. Il faut que nous puissions générer suffisamment de rentrées pour être rentables", témoigne Damien Baert, patron de la Cuve à Bière.

"Si nos revendications ne sont pas entendues, nous nous mobiliserons à nouveau", a-t-il encore affirmé.

Une autre inquiétude porte sur le capital humain du secteur de l’horeca. Comme le rappelle Thierry Neyens, il s’agit "d’un capital ressource, un réel savoir-faire. Il s’agit de l’ADN, de la griffe du secteur Horeca belge. Reconstruire les équipes et les reformer est une crainte. Il faut donc communiquer et rassurer les travailleurs mais on ne peut pas le faire seul. Les perspectives proviennent du gouvernement ".

À l’heure actuelle, le secteur n’a pas encore une idée précise du nombre de faillite mais ça ne saurait tarder. D’après Thierry Neyens, d’ici trois semaines, il sera possible de chiffrer mais attendant, l’horeca est angoissé. A force de retarder la réouverture, la problématique financière s’accentue. C’est pourquoi, Thierry Neyens et tous les autres restaurateurs appellent à la solidarité généralisée.

"Il faut un effort collectif, un effort citoyen pour respecter les règles. Si c’est pour continuer à faire la fête, non pas dans les restaurants puisqu’on est fermé, mais chez soi en compagnie de 15 personnes ou dans des gîtes, c’est cela qui va nous mettre en retard par rapport à la réouverture".

Les acteurs du secteur ont une dizaine de revendications, notamment une réouverture de l’horeca au plus tard le 1er avril, un accord avec la fédération bancaire pour la prolongation à 18 mois des moratoires sur les crédits en cours, des aides supplémentaires à la relance, la création d’un fond des calamités Covid avec effet rétroactif à 2020 ou encore l’égalité des aides régionales. Les indemnisations financières s’élèvent, en effet, à 7000 à Bruxelles, à 12.000 euros en Wallonie et à près de 20.000 euros en Flandre pour un restaurant moyen, dénoncent-ils.

Le prochain comité de concertation, programmé le 26 février, devrait examiner un plan de sortie que le groupe d’experts du GEMS est chargé d’élaborer pour les secteurs de la culture, du sport, de l’horeca et de la jeunesse, a expliqué vendredi le ministre-président flamand Jan Jambon, au micro de la chaîne de télévision privée VTM.Cela ne signifie pas que des assouplissements seront d’emblée possibles dès cette date. Il faudra voir alors l’évolution de l’épidémie pour, éventuellement, procéder à des assouplissements dans ces secteurs en fonction de ce plan de sortie. "La propagation du virus déterminera l’agenda", a résumé M. Jambon (N-VA).

N.J.avec agences

Retrouvez l'article original sur RTBF