Contrôle technique moto : et si c’était finalement une bonne chose ?

Bravant le froid et la pluie, ils étaient plusieurs centaines de motards réunis samedi à Bruxelles pour protester contre le contrôle technique moto. Rappelons que ce dernier verra le jour dans le courant 2022. Or, pour les participants, ce contrôle obligatoire ne serait qu’une manière déguisée de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat. Le motard est un passionné qui entretient bien sa machine et les causes des accidents sont à chercher ailleurs, entendait-on. Alors, quelle est la part de mythe et de réalité ? On tente de faire le point. Et attention, c’est un motard depuis 30 ans qui écrit cette chronique : ça va faire mal !

Le point sur la question, en ce 12 avril 2021

Tout d’abord, une petite précision s’impose, le contrôle technique moto a été décidé par l’Europe, et la Belgique doit s’y plier. Notre pays aura eu 9 ans pour le faire mais l’échéance 2022 approchant à grands coups de pistons, il est normal de mettre enfin les gaz. Et comme la sécurité routière est devenue une compétence régionale chez nous, il faut trouver un socle commun qui satisfasse les trois régions.

Selon le cabinet de la ministre wallonne de la sécurité routière, Valérie De Bue, une entente a été trouvée concernant la périodicité de ce contrôle. Arguant du fait que notre pays a effectué des efforts en termes de sécurité routière, comme l’obligation pour les motards de porter une tenue appropriée, la Belgique peut être dispensée d’organiser un contrôle technique périodique, comme c’est le cas dans de nombreux pays. Certains imposent une visite annuelle, d’autres tous les deux ans : en Belgique, cela ne sera pas le cas, contrairement à ce qu’avançaient certains manifestants samedi.


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Le contrôle ne sera obligatoire que lors de la revente ainsi qu’après une réparation consécutive à un accident. Ainsi, un motard n’ayant jamais eu d’accident et remettant sa moto à un concessionnaire lors de l’achat d’une nouvelle ne devrait donc jamais être concerné par la mesure !

Pour le reste, on roule toujours dans le brouillard. Quelle date d’entrée en vigueur ? Quels seront les points vérifiés ? Quels seront les tarifs ? Tout cela est en cours de discussion même si on se doute que les éléments de sécurité (freins, pneus, suspension, châssis, phares, etc.) feront partie de la check-list.

Pourquoi ce ne serait pas si mal ?

"Les accidents ne sont pas causés par l’état de la moto" a-t-on entendu. Ce qui est globalement vrai. Selon différentes études, parfois datées, seuls 0,3% (le meilleur des cas) à 6% (le pire des cas, avancé par l’Europe) des accidents sont directement imputables à la moto elle-même. C’est bien entendu faible, mais ce n’est pas négligeable non plus : on parle souvent de vies humaines en jeu.

Croire que tous les motards sont des amoureux de leur(s) machine(s) est aussi fortement exagéré. Le contrôle technique s’appliquera aux motos à partir de 125cc, au moins la première année (des discussions sont en cours pour l’étendre vers les catégories inférieures, comme les cyclomoteurs), or les petites cylindrées sont en vogue actuellement. On cherche avant tout un moyen de déplacement efficace, sans être passionné par le deux-roues motorisé. Est-ce que tout le monde vérifie fréquemment l’état et la pression des pneus ? Le système d’éclairage ? L’usure des plaquettes de frein ? Sans doute plus que dans le milieu automobile, mais certainement pas la totalité des motards.


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Jean-Christophe Willems

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