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Comment choisir des cosmétiques sains et écologiques ?

Dans Vivre Ici, Terry Lemmens accueille l'ASBL Ecoconso. Pour cette semaine, il est question de cosmétiques sains et écologiques.

"Quand je dis cosmétiques, je ne parle pas juste de maquillage, ça concerne les produits d’hygiène et de soin en général" nous précise Ann Wulf de l'ASBL Ecoconso. Parce qu’il est possible de prendre soin de soi, de se pomponner, se laver "en préservant d’une part sa santé (avec des composants sûrs qui limitent les risques d’allergies et qui ne sont pas suspectés de perturber de le système hormonal) ; d’autre part l'environnement (sans ingrédients issus de la pétrochimie ou qui se dégradent mal et polluent l’eau)".

C’est la promesse de la cosmétique naturelle. Un excellent réflexe c’est de se dire que " less is more " ou " moins c’est mieux ". Au moins de produits utilisés, au mieux. "Il faut savoir que la législation autorise certaines substances, en limite ou en interdit d’autres. Mais les tests sont réalisés sur chaque cosmétique indépendamment. Pourtant, rien que le matin, on expose sa peau à environ 300 substances chimiques. Une crème pour le visage contient déjà une trentaine d’ingrédients auxquels s’ajoutent savon, shampoing, déodorant, dentifrice, crème, maquillage… On cumule alors les doses. Et l’effet cocktail est peu étudié. Qu’arrive-t-il quand on mélange plusieurs produits ? On ne le sait pas car c’est rarement testé."

Moralité : on choisit quelques basiques bien adaptés à sa peau et on évite d’accumuler un tas de flacons dans ses armoires. Même s'ils sont bio. Par ailleurs, certains produits simples remplacent très bien des formules complexes : de l’huile d’amande douce plutôt qu’une crème pour le corps, une eau florale comme tonique pour le visage, une huile végétale pour se démaquiller… Bonus : ces options sont souvent moins chères.

Comment reconnaître les " bons " produits ?

"L’idéal est d’opter pour des cosmétiques labellisés bio ou écologique. Par exemple Nature & Progrès, Natrue, Cosmos, Slow cosmétique, l’Écolabel européen… Chaque label a ses propres critères. Ça ne rend pas les produits parfaits, mais les labels sérieux sont tous garants d’un cosmétique plus écologique et avec moins de risques pour la santé. Un cosmétique sans label n’est pas forcément mauvais. De très bons cosmétiques n’en possèdent pas. Le souci c’est qu’en l'absence de label, il va falloir analyser soi-même la composition sur l'étiquette. Et c’est forcément plus compliqué. Je ne vais pas vous faire tout la liste des ingrédients aux noms imprononçables mais en tout cas on se méfie du greenwashing. Un produit étiqueté " aux extraits végétaux ", ça ne veut pas dire grand-chose. C’est parfois une quantité ridicule à côté d’un composant problématique".

On peut aussi préférer des cosmétiques fabriqués en Belgique, parfois même à partir d’ingrédients belges. Une liste est à retrouver sur le site Ecoconso

Faire ses cosmétiques "maison".

Avec un peu de matériel et de savoir-faire, on peut composer facilement quelques recettes. L’avantage c’est qu’on peut choisir des ingrédients simples, écologiques et adaptés à sa peau pour faire un produit sur-mesure. Le luxe quoi !

"Mais attention à ne pas jouer au petit chimiste. Si on est tenté par l’aventure, on évite de prendre une recette au hasard sur Internet, on consulte plutôt un bon ouvrage de référence. Et on suit quelques règles importantes comme désinfecter le matériel, respecter des conditions de conservation, bien doser les ingrédients, faire un test sur un coin de peau, etc. Vouloir faire une crème sans conservateur c’est bien mais on va mettre plusieurs semaines à finir le pot donc si on ne procède pas correctement, bonjour le bouillon de culture qui peut causer des réactions…"

Après, on peut commencer par des petites préparations simples comme un gommage minute au marc de café ou un baume à lèvres.

Laurent Cheppe/Ann Wulf (Vivre Ici Namur-Brabant wallon-Luxembourg)