Berchem-Sainte-Agathe 1082

Merab Surviladze : " Aujourd'hui, je peins les gens de notre époque, ceux qui courent beaucoup "

A 52 ans, ce Saint-Gillois d’origine géorgienne peint avec passion et amusement notre époque. Ses peintures « vues aériennes » de l’angoisse, du stress et de la précipitation des gens connaissent un succès sans précédent, bien au-delà de nos frontières.

Depuis 5 ans, Merab Surviladze a posé ses toiles et ses acryliques à la Brussels Art Factory de Saint-Gilles. Dans son atelier, aux côtés d’autres artistes bruxellois en vogue, le pinceau à la main, il s’amuse de notre époque. " Au début, mon travail était naïf, un peu romantique. Je voulais montrer la nostalgie, le traditionnel géorgien ", explique l’artiste, installé en Belgique depuis le début des années 90.

" Progressivement et depuis maintenant 3 ans, j’ai décidé de peindre les gens d’aujourd’hui. Dans notre époque, je trouve qu’on court beaucoup. Je montre donc des personnes et leurs ombres qui sont dans la précipitation, dans l’angoisse ou le stress, mais j’essaie que ce soit amusement, en utilisant notamment des couleurs ", explique Merab Surviladze.

Si Merab poursuit un but minimaliste dans ses peintures qui tendent vers un côté intellectuel, il garde la volonté de transmettre des émotions aux gens. " La thématique des ombres offre déjà la possibilité de 36.000 interprétations. Je crois que chacun peut en tirer quelque chose en fonction de lui-même ", ajoute-t-il.

« Mon père me disait que j’étais paresseux »

" Je pense souvent à mon père quand je travaille. Il me disait que j’étais assez paresseux, mais ce n’est pas du tout le cas ces derniers temps. Aujourd’hui je suis assez content de moi, mon " travail " est ma passion ", explique Merab. Ces derniers mois, il a notamment exposé en Angleterre, aux Pays-Bas et prochainement en Allemagne.

Historiquement, après avoir quitté son pays natal, l’artiste s’est inscrit à l’académie de La Cambre.

" J’ai un petit peu de regrets car cette école ne nous apprenait pas à rêver, à imaginer. C’était la règle et la technique qui étaient enseignées mais pas l’art de réfléchir. J’ai heureusement eu un très bon prof qui nous a aidé dans ce domaine ".

« La Belgique m’a bien inspiré »

" Le surréalisme de ce pays m’a bien inspiré et il a joué également sur le côté émotionnel de mon travail. Ça m’a permis de me calmer notamment sur le choix des couleurs. Aujourd’hui, il est toujours bien présent dans mes œuvres même si c’est parfois plus subtil que par le passé. J’aime travailler avec le noir et le blanc mais pas avec la dynamique des peintres nordiques. C’est différent chez moi. De toute façon, je ne vois plus de nationalité transparaitre de mon travail comme c’était le cas au début. Aujourd’hui, je suis surtout Bruxellois, un homme de la ville, sauf l’été ", s’amuse-t-il à nous raconter.

Merab peint désormais le plus souvent à l’acrylique sur des toiles de lin ou de lin et coton mélangés.

" Je reste dans le matériel classique. Parce que celui-ci donne déjà une certaine matière dès le départ et il me semble que les émotions partent plus vite. Je fais des petites et des grandes toiles, en fonction de l’inspiration et du contexte. Généralement l’exécution va vite, c’est la réflexion qui me prend du temps ", explique-t-il.

Son inspiration, il la trouve parfois là où il ne l’imaginerait pas. " Lors d’une visite au zoo d’Anvers, j’ai calé sur les pingouins. Dans une certaine dynamique, il nous ressemble ". Depuis ces animaux font entière partie de son œuvre.

L’actualité de Merab Surviladze

Après avoir reçu le second prix à l’International Art Fair d’Oxford en mars dernier, Merab expose actuellement à Bruxelles. Rendez-vous jusqu’au 21 avril à l’Hôtel communal d’Etterbeek. Le vernissage en présence de l’artiste aura lieu ce 6 avril à 18h30.

Plus d’infos sur sa page Facebook : https://www.facebook.com/MerabSurviladzeArt/

Aurore PEIGNOIS