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Street-Art : Balade irrévérencieuse à la découverte des fresques polémiques de Bruxelles [carte interactive]

Depuis quelques mois, les tags montrant selon l’envie des artistes, un pénis, une pénétration, un anus ou des copies de tableaux historiques à caractère biblique et violent fleurissent dans les rues de la Capitale. Vivre Ici vous propose une balade interactive.

Ces dernières semaines, le street-art s’est fortement invité dans les médias belges.

En cause, l’apparition surprenante de fresques géantes à Bruxelles. Polémiques, elles suscitent tantôt l’admiration, tantôt la consternation.

En septembre dernier, 3 œuvres à caractère sexuel avaient déjà mis Bruxelles à la Une de nombreux médias internationaux, ravis de pouvoir présenter la capitale belge sous un autre jour.

Depuis quelques heures, 2 nouvelles fresques ont fait leur apparition. Plus question d’organes génitaux cette fois, mais plutôt des copies de scènes violentes tirées de tableaux de peintres illustres.

Vivre Ici vous propose une balade artistique interactive à travers ces différentes œuvres d’art parsemées dans la Capitale.

Les fresques irrévérencieuses à Bruxelles

Retour sur les différentes apparitions des fresques à Bruxelles.

1. Un pénis géant à la Barrière de Saint-Gilles

Une fresque pour le moins interpellante a fait son apparition en septembre dernier sur un mur aveugle de l'avenue du Parc, en face du fritkot de la Barrière. L’œuvre représente un pénis au repos, en noir et blanc.

La polémique a, à l’époque, a fait couler beaucoup d’encre. Fallait-il la laisser ou la recouvrir ?

Cette fresque illégale avait notamment suscité l’indignation puisqu’elle était installée à proximité de l’institut des Filles de Marie. Une œuvre de street-art jugée dès lors peu catholique au regard des familles qui fréquentent l’école. La commune souhaitait qu’elle soit recouverte par une autre œuvre.

D’ici à ce qu’une décision artistique soit prise, la pluie aura peut-être fait son travail et "nettoyé" ce pénis jugé trop visible.

2. La pénétration de la rue des poissonniers

Lors de sa découverte, la ville de Bruxelles s’était interrogée sur l’opportunité ou non d’effacer cette œuvre de street-art. Le conseil communal a finalement décidé de la maintenir.

A l’époque, Karine Lalieux (PS), échevine de la Culture et de la Propreté expliquait que la décision avait été motivée par la liberté d’expression : "C'est une expression comme une autre. Elle a été faite sans l'autorisation du propriétaire, qui a la liberté de repeindre son mur. Notre politique à la Ville est depuis des années de nettoyer gratuitement les tags sur les façades. Ici, elle est en hauteur. C'est une fresque. D'initiative, la Ville ne l'effacera pas", avait précisé l'échevine à l'agence Belga.

3. Ne dites plus Zanussi mais anus

Un léger changement artistique apparaît dans cette œuvre dont l’auteur est toujours à l’heure actuelle inconnu.

Cette fois-ci, il a détourné le logo d’une célèbre marque italienne peinte par le passé sur le mur de l’immeuble.

4. Un vieillard nu à Porte de Hal

La fresque d'un vieillard nu est apparue près de la Porte de Hal sur un immeuble à appartements. Etant arrivée peu après la femme qui se masturbe, certains y voient une réponse à cette dernière.

5. Hédonisme à l’Avenue Louise

Cela fait maintenant plusieurs années que cette fresque est présente.

Elle n’a jamais fait l’objet d’une plainte, la ville de Bruxelles et le propriétaire du mur n’ont dès lors pas trouvé à redire. Cette œuvre rappelle également "L'origine du monde" de Courbet.

6. Un gros plan du tableau de l'artiste italien Le Caravage jugé violent

Réalisée le long du canal à Bruxelles, elle représente une main, armée d'un couteau, prête à égorger une personne mais retenue par une autre main.

"Le caractère artistique de la fresque est incontestable, tout comme la référence au sacrifice d'Isaac. Il s'agit d'un gros plan du tableau de l'artiste italien Le Caravage", a commenté le bourgmestre de la Ville de Bruxelles.

Celle-ci n'interviendra pour faire couvrir ou effacer cette œuvre que si cela donne lieu à des tensions entre les communautés, mais elle n'agira pas dans ce sens a priori.

7. Une dernière œuvre sanguinolente près de la gare de Bruxelles-Chapelle

Située sur le flanc d'un immeuble à appartements rue des Brigittines, à deux pas de la gare Bruxelles-Chapelle, elle met en scène un homme ensanglanté dont le ventre est ouvert et qui est pendu par les pieds. Cette dernière ressemble fortement au tableau 'De lijken van gebroeders De Witt', du peintre néerlandais Jan De Baen. Le cabinet du bourgmestre de Bruxelles ne souhaite pas réagir à cette nouvelle découverte pour le moment.

 

Charlélie VAN DRIESSCHE & Aurore PEIGNOIS