Berchem-Sainte-Agathe 1082

Orybany, une boutique-atelier zéro déchet au cœur du quartier Saint-Géry

Derrière les Halles Saint-Géry, Juliette et Florence collaborent avec des artisans-créateurs belges et européens dans leur boutique pour proposer des ateliers et des produits écoresponsables et zéro déchet.

La chance n’a pas souri à Juliette et à Florence, à la tête de la boutique-atelier Orybany. Alors qu’elles ont passé six années aux ateliers du marché du Tanneur, les deux mamans ont eu le coup de cœur pour un bel et grand espace au numéro 18 de la place Saint-Géry. Après des mois des travaux et une installation en juin 2019, l’inauguration officielle a eu lieu le 12 mars. " C’était juste super. Nous étions réunis avec tous ceux et celles qui avaient contribué à la réalisation de ce déménagement. Le covid paraissait si loin…" raconte Juliette.

Le lendemain, l’annonce officielle du confinement et de la fermeture des commerces non essentiels a coupé net les deux mamans-entrepreneuses dans leur élan. " Nous avons fermé, la boule au ventre. Nous avons toutefois eu de la chance. Comme nous dépendons de la ville de Bruxelles, nous n’avons pas dû payer de loyer pendant la fermeture. Sans cela, nous aurions dû fermer boutique." explique Juliette.

Les artisans en difficulté

La crise n’a pas été que négative pour Orybany. Juliette et Florence en ont en effet profité pour lancer leur e-shop, se réinventer et réfléchir au développement de nouveaux projets. " Nous n’avons pas eu le temps de nous morfondre ou de nous inquiéter de notre futur. Puis, nos artisans ont participé à l’effort collectif en produisant jour et nuit des masques en tissu pour les personnes dans le besoin. L’une de nos créatrices a même installé son atelier de couture au sein d’un hôpital. "

Juliette espère que la crise sanitaire permettra une prise de conscience du statut précaire de ces petites mains qui n’ont pas toujours eu d’indemnités financières. " C’est d’autant plus problématique qu’ils comptent beaucoup sur les villages des artisans que l’on retrouve dans les festivals estivaux. Le manque à gagner sera important. " Fort heureusement, Orybany a pu de nouveau ouvrir ses portes au public depuis un mois. " Mais le quartier était un quartier fantôme sans les bars et restaurants jusqu’à ce début de semaine et la réouverture du secteur Horeca. "

La communauté au centre du projet

Orybany, c’est d’abord une boutique très diversifiée pour tous les budgets : chemises rétro, pack de bières locales, cartes postales réalisées à la main, terrariums, sacs confectionnés à partir de bâches de festival, luminaires upcyling, lingettes de maquillage réutilisables, bijoux avec des anciennes tirettes, bougies et savons naturels, etc. Toutes ces bonnes idées-cadeaux partagent un point commun : proposer des produits artisanaux (et donc uniques), éthiques, zéro déchet et respectueux des artisans. "Pour moi, c’est important de savoir qui est derrière ces produits, comment ces créations sont faites, avec quelles matières premières. Chaque projet a une histoire. "

Juliette et Florence chapeautent le projet, mais ne sont pas toutes seules : elles travaillent en étroite collaboration avec 8 artisans-créateurs pour faire tourner la boutique et l’ASBL. " Orybany permet à ces artisans d’avoir un cadre où exposer leurs créations. Nous ne prenons quasi pas de commissions sur les ventes de ceux et celles qui acceptent — en échange — de tenir des permanences et de faire vivre le lieu. "

Pour Juliette, Orybany constitue une petite famille d’artisans-créateurs motivés à l’idée d’évoluer ensemble vers un nouveau mode de consommation. " Seul, chacun est limité. Chez Orybany, nous nous inspirons l’un l’autre, nous réfléchissons régulièrement tous ensemble aux différents problèmes, nous trouvons des solutions. De cette manière, le projet ne cesse d’aller de l’avant. " Vous pouvez d’ailleurs retrouver régulièrement dans la boutique de nouveaux produits et des nouveaux artisans-créateurs que Juliette et Florence rencontrent à chaque fois pour nouer de nouvelles collaborations et les guider dans leur projet artisanal.

Des projets pour l’été

Outre la vente des produits de près 40 artisans-créateurs belges et européens, Orybany dispose d’un espace participatif dédié à des ateliers créatifs pour le grand public : réaliser ses propres bougies, confectionner ses produits de ménage zéro-déchet, se remettre à la couture, découvrir les techniques de l’upcycling. " Puis d’autres ateliers “workshop” sur comment développer une marque ou communiquer sur les réseaux sociaux par exemple " complète Juliette.

Ces ateliers — organisés prioritairement par les artisans exposants de la boutique — ont naturellement été arrêtés avec la crise sanitaire, mais seront bientôt remis en marche en respectant les mesures sanitaires. " Nos artisans ont de l’or dans leurs mains, un véritable savoir-faire. Le but, c’est aussi de sensibiliser les gens d’une autre manière et de transmettre leurs connaissances. "

Juliette et Florence souhaitent aussi profiter de l’esprit du quartier avec ses nombreux bars et les Halles Saint-Géry où sont organisés de nombreux évènements comme le marché aux plantes ou le désormais célèbre Vintage Market. "Nous aimerions lancer un marché, un rendez-vous mensuel sur nos grands trottoirs avec 10-15 artisans et leur donner ainsi une visibilité. C’est une manière aussi de proposer des découvertes aux nombreux Belges qui resteront en Belgique cet été. " conclut Juliette.

Plus d’informations sont à retrouver sur le site internet de la boutique-atelier.

Maxime Maillet