Liege 4000

"Ne m'oublie pas", la maladie d'Alzheimer traitée dans une BD liégeoise remplie de poésie

Si vous avez apprécié "Les souvenirs", film touchant signé Jean-Paul Rouve où l’on retrouve Annie Cordy dans l’un de ses derniers rôles, vous serez sans doute conquis, comme l’a été Mathieu Van Overstraeten - chroniqueur du 6-8 - par "Ne m’oublie pas".

A seulement 23 ans et pour sa toute première BD, l’autrice liégeoise Alix Garin nous fait part d’un récit émouvant et particulièrement bien construit mettant en lumière toute la difficulté des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer, ainsi que leur entourage souvent démuni face à une telle situation.

"C’est l’histoire d’une jeune femme qui s’appelle Clémence. Un jour, elle reçoit un sms lui annonçant que sa grand-mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer, a une nouvelle fois tenté de fuguer de sa maison de retraite", commence le chroniqueur, "face à cette situation qui ne peut plus durer, la maison de repos annonce qu’il faudra choisir entre retirer la grand-mère de la maison ou bien d’augmenter sa dose de calmant pour qu’elle ne fugue plus."

Face à ce choix déroutant, Clémence décide un jour d’un coup de tête d’enlever sa grand-mère et de l’embarquer dans un road trip palpitant afin de lui permettre de retourner dans la maison de son enfance, endroit qu’elle tente désespérément de rejoindre lors de ses fugues.

"On prend part à de magnifiques moments où d’une part, Clémence se souvient de tous les bons moments passés avec sa mamy quand elle était petite et d’autre part, la grand-mère, elle, comme souvent avec les personnes atteintes d’Alzheimer, vacille entre les périodes où elle se rend compte de son état, où elle est lucide et les moments où elle oublie tout et où elle est dans un autre monde", enchaîne-t-il.

En partie autobiographique, le bijou de la prometteuse Alix Garin parvient à "mettre un visage sur toutes ces femmes qui ont donné énormément d’amour tout au long de leur vie et dont les souvenirs s’effacent inexorablement à un moment donné". Grâce à un dessin simple, sans fioriture, mais malgré tout amplement réussi et plein d’émotion, la BD plaira beaucoup "à tous ceux qui ont déjà été confrontés à cette maladie, mais aussi à ceux qui aiment tout simplement les histoires humaines", recommande Mathieu Van Overstraeten.

Dans l’air du temps car de plus en plus répandu, le sujet de la maladie d’Alzheimer est également abordé dans la BD espagnole, "La tête en l’air" ou encore dans "Ceux qui me restent" dont le style graphique souligne justement le propos. 

Vivacité