Liege 4000

Des étudiants-entrepreneurs lauréats d'une bourse pour construire le monde de demain

La Fondation belge pour les Générations futures a annoncé les 11 initiatives d’étudiants-entrepreneurs mises à l’honneur cette année. Parmi elles, 7 projets francophones recevront une bourse de 4 000 ou 5 000 euros pour développer leur concept innovant et écoresponsable.

Sur la trentaine de projets repérés, la Fondation pour les Générations futures a primé cette année 11 initiatives d’étudiants-entrepreneurs. Parmi ces dernières, 7 sont francophones et s’inscrivent principalement dans les domaines du zéro déchet, de l’économie circulaire et de l’aide aux personnes vulnérables. Elles ont ainsi su se démarquer auprès du comité de sélection par leur originalité, par leur impact positif et par la qualité et la précision de leur plan de développement.

Un vrai coup de pouce pour ces jeunes Wallons et Bruxellois ! En effet, chacune de ces initiatives reçoit 4 000 ou 5 000 euros grâce au Ministère fédéral de l’Environnement et au Fonds Albert Vanhee, créé en 2018. Comme le rappelle la Fondation, si les jeunes peuvent aujourd’hui bénéficier de multiples opportunités de coaching, de mise en réseau et de conseils dans leur parcours d’entrepreneur, le financement reste toujours compliqué dans les premières phases du projet.

Vivre ici vous propose un petit tour d’horizon de ces 7 projets qui veulent construire le monde de demain d’une manière innovante, positive et respectueuse de notre planète et de ses occupants.

BOBO (Bruxelles)

LE PRINCIPE : Des accessoires de mode produits par le tannage de cuir de poisson

Luna Wallyn (étudiante en Commerce extérieur à l’EPHEC) et Chloé Turbang (étudiante en Communication appliquée à l’IHEC) proposent une alternative au cuir traditionnel dont l’industrie mondialisée est très polluante. Concrètement, Bobo a pour ambition de récupérer les déchets de poisson — comme les peaux — pour les tanner naturellement et créer des accessoires de mode (bracelets, tabliers, sacs à main…)

Les deux étudiants s’inscrivent donc dans une logique du zéro déchet tout en favorisant l’artisanat via un processus de tannage 100 % végétal en France. Par ailleurs, elles montrent comment des déchets peuvent être revalorisés et devenir un objet de mode.

La bourse de 5 000 euros permettra aux deux jeunes filles de lancer concrètement leur entreprise et de développer leur processus de production.

DEFORMUP (Louvain-la-Neuve)

LE PRINCIPE : de la décoration d’intérieur écoresponsable à base de matériaux recyclés

Meriem Jerbi et Thomas Descheemaeker (étudiants en Sciences économiques et de gestion à l’UCLouvain) se donnent l’objectif de créer des objets d’ameublement et de décoration à partir de la récupération et de la transformation de matériaux et d’objets inutilisés ou jetés. Sur leur page Facebook, ils montrent ainsi comment revaloriser une bouteille de vin et la transformer en bougie ou en tasse.

Pour le moment, les deux étudiants font tout eux-mêmes, mais leur projet à terme est de lancer un e-commerce et de collaborer avec des artisans locaux. Ensuite, ils proposeront leurs produits dans des petites boutiques et des concept-stores qui partagent les mêmes valeurs de zéro déchet et d’économie circulaire.

La bourse de 4 000 euros doit leur permettre d’investir dans des machines indispensables à la production et de perfectionner leurs prototypes.

ECOPOON (Liège)

LE PRINCIPE : des couverts comestibles et 100 % dégradables

Maxime Vanderheyden (diplômé en Master en Économie à HEC-Liège) et Cyrl Ernst (diplômé en Master en Management des entreprises sociales et développement durable à HEC — Liège) ont conçu des couverts et des ustensiles comestibles, écologiques et fabriqués avec des produits locaux (comme de la farine de blé).

Ecopoon se présente comme une alternative durable aux couverts en plastique et en bois à usage unique utilisés dans le monde de l’Horeca. La démarche est donc écologique et s’inscrit dans la transition vers le Zéro Déchet en minimisant l’empreinte carbone et en visant une économie locale et circulaire.

Le principal défi pour les deux jeunes hommes consiste aujourd’hui à tenir compte de toutes les demandes des futurs clients (design, praticité, facilité d’utilisation, solidité…). Avec la bourse de 5 000 euros, ils pourront réaliser concrètement ces changements pour que leurs produits correspondent bien à la demande.

GOPEDA (Louvain-la-Neuve, Liège)

LE PRINCIPE : une plateforme de vente et d’achat de ressources pédagogiques de seconde main.

Delphine Roossens et Benoit Deby (étudiants en Sciences de l’éducation à l’UCLouvain et instituteurs primaires) proposent une plateforme dédiée aux ressources pédagogiques de seconde main pour les particuliers. Les enseignants, directeurs, éducateurs, mais aussi étudiants et parents peuvent s’y rendre pour vendre et acheter des manuels scolaires, du matériel didactique, des livres ou des cartables.

Les deux instituteurs invitent par ce projet à consommer raisonnablement et d’une manière écoresponsable, à ne plus gaspiller inutilement et à éviter d’accumuler des ressources inutilisées. La démarche est aussi économique : les produits de seconde main proposés sont à des prix abordables, alors que les ressources pédagogiques neuves coûtent souvent très chères. Le petit plus ? Une part de chaque transaction est reversée à une association à l’origine de projets éducatifs.

La bourse de 4 000 euros doit permettre à Delphine et Benoit d’investir dans la communication pour gagner en visibilité et de développer les fonctionnalités de leur site internet.

NEOFINDER (Bruxelles)

LE PRINCIPE : un dispositif de géolocalisation discret pour personnes vulnérables.

Ces six étudiants de l’ECAM et de l’ICHECS (Martin Degeldt, Sam Bertrand, Houda Hannouni, Cyril le Ray, Quentin Vandenborre et Raïssa Kasenga) ont créé une puce de géolocalisation à placer par exemple dans un bracelet, un badge ou un pin’s.

Cette puce pourra permettre de retrouver des personnes fragilisées et susceptibles de se perdre (enfants, personnes âgées, personnes avec des troubles de démence), tout en enlevant une dose de stress au personnel des soins de santé ou aux familles. Ces derniers seront informés de la localisation via une application web ou téléphone, notamment lorsque leur proche se situe en dehors de la zone de sécurité prédéfinie.

La bourse de 5 000 euros doit aider ces jeunes à financer l’entièreté du prototype et à entamer une première commercialisation.

PEECYCLE (Bruxelles)

LE PRINCIPE : un engrais à base d’urine

Jean Jacobs (étudiant en Sciences biomédicales à l’UCLouvain) et Harold Lechat (diplômé en Marketing et en formation agricole) ont eu l’idée de traiter de l’urine et ses riches nutriments pour en produire un fertilisant.

Concrètement, l’entreprise récupère l’urine auprès des partenaires spécialisés qui n’utilisent aucun produit chimique et dont les urinoirs n’ont pas d’eau. L’urine est ensuite revalorisée pour pouvoir fertiliser tous types de plantations de particuliers et — à terme — d’agriculteurs. La démarche est donc écologique : transformer un déchet en ressource durable et se dégager de la production et du transport d’engrais chimiques industriels, tout en veillant à la santé des utilisateurs.

La bourse de 5 000 euros doit permettre à Jean et à Harold de réaliser des tests dans des laboratoires agréés et d’acheter de l’équipement de traitement et d’automatisation du processus.

WASTED END (Mons)

LE PRINCIPE : transformer les déchets organiques alimentaires en biogaz et engrais

Lola Brousmiche (diplômée en Ingénieur civil en chimie et sciences des matériaux à l’UMons) et Nathan Pletinckx (étudiant en ingénieur de gestion à l’UCLouvain FUCaM Mons) proposent aux petits producteurs de déchets alimentaires (restauration et collectivités) un dispositif pour dégrader ces déchets organiques et les transformer en engrais naturels.

En réalité, ce dispositif — sous forme d’une cuve-compost — utilise en version miniature un processus biologique naturel déjà utilisé à l’échelle industrielle : la biométhanisation, c’est-à-dire la dégradation des matières organiques sous l’action de micro-organismes. Par ailleurs, ce phénomène s’accompagne de la production de biogaz qui est directement utilisable dans une chaudière ou dans une cuisinière au gaz.

La démarche est donc bien écologique : réduire le gaspillage alimentaire et les émissions de CO2, produire une énergie verte et valoriser les engrais naturels. Avec la bourse de 5 000 euros, Lola et Nathan pourront développer un prototype plus complexe et plus abouti en analysant avec précision son rendement et l’impact de la modification de certains paramètres sur son fonctionnement.

Maxime Maillet