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Bientôt 10.000 tests de dépistage du coronavirus par jour en Belgique

C’est le ministre Philippe De Backer (Open VLD), en charge de la task force mise en place pour répondre aux pénuries de matériel médical, qui l’annonce : la Belgique sera bientôt en mesure d’effectuer 10.

000 tests de dépistage du Covid-19 par jour.

Par communiqué, le ministre explique : "C’est un effort titanesque de tous les hôpitaux, laboratoires, universités et entreprises de biotechnologie et pharmaceutiques […] Grâce à cette initiative, les médecins pourront tester les patients plus rapidement sur le terrain et effectuer des diagnostics plus corrects. Nous poursuivons nos efforts pour encore élargir la capacité de testing dans les semaines à venir."


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A ceux qui voudraient se précipiter pour se faire tester, Philippe De Backer précise tout de même " Il est important de maintenir le même principe de base de la stratégie du testing : nous testons uniquement les personnes malades dans les hôpitaux. Cela n’a pas de sens de tester les gens chez le médecin ou même que les gens se rendent dans les hôpitaux avec la demande d’être testé sur le COVID-19. "

Une stratégie qui repose sur trois piliers

Pour parvenir à cette augmentation du nombre de tests, le travail se fera en collaboration avec les universités belges et des entreprises privées. La stratégie se fondra sur trois piliers :

1. Le test PCR : c’est le test de dépistage classique, effectué en laboratoire. Il prend de 24 à 48 heures mais est fiable à 100%. C’est celui qui est utilisé en Belgique depuis le début de la crise, pour tester environ 2000 patients par jour, les plus malades.

L’augmentation de cette capacité se fera en collaboration avec les universités. Notamment celles qui ont développé un nouveau protocole. Il a été mis en place par l’Université de Namur et la KULeuven et est également utilisé à l’université de Mons. Ce test, qui prend une journée, ne nécessite pas de réactif et aussi fiable que le PCR.

Les entreprises privées sont également sollicitées pour automatiser les protocoles (Biogazelle) et augmenter la production de tests (Janssen Pharmaceutica (J & J), GSK, ThermoFisher, Eugentec, UCB et VIB).

2. Le test antigène rapide : développé par une entreprise de Gembloux, Coris BioConcept, avec l’ULB, ce test donne ses résultats en 15 minutes à peine et vient de recevoir la certification de l’agence du médicament belge. La fiabilité de ce test est un peu moindre, puisqu’il permet de détecter 6 personnes malades sur 10. Cela dit, il peut se révéler utile en première ligne, pour le tri des patients. Autre avantage, 30.000 tests rapides devraient déjà être disponibles la semaine prochaine.

3. Le test d’immunité sur les anticorps : là l’idée n’est pas de voir si la personne est malade, mais bien si elle a développé les anticorps qui lui permettront de ne pas être infectée. Il suffit d’un peu de sang et de 15 minutes pour qu’un médecin puisse vous dire si vous êtes immunisé. La fiabilité de ce test est de 98%. Il a été développé par une start-up liégeoise en collaboration avec une entreprise chinoise. Pour l’instant, le diagnostic est jugé pas suffisamment fiable mais dès qu’il le sera, ce type de tests sera déployé, après le pic de la crise.

Un dépistage massif pour mettre fin au confinement

Le dépistage massif est réclamé par de nombreux acteurs de terrain, de même que par l’organisation mondiale de la santé. Cela permet d’identifier les malades qui parfois ont peu de symptômes, d’éviter qu’ils ne contaminent d’autres personnes sans le savoir. A plus longue échéance, cela permet aussi d’assouplir les mesures de confinement généralisé, en isolant uniquement les personnes effectivement malades (et en mettant en quarantaine ceux qui ont eu des contacts proches avec ce malade).

 

A.F.

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