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#RESTART Sport : Fanny Smets, la perchiste qui rêvait des JO malgré les difficultés

La perchiste Belge doit depuis de nombreuses années trouver des solutions pour vivre de sa passion.

Fanny Smets, c’est un mélange entre courage, abnégation et force mentale. Mélangez les trois et vous obtenez la recordwoman de Belgique de saut à la perche, tant en salle, qu’à l’extérieur.

Il y a un an, lors des qualifications du saut à la perche aux Mondiaux de Doha, Fanny termine 20e avec un saut à 4,50 m, à 1 centimètre de sa meilleure performance. Puis le temps est passé et l’hiver est arrivé. Fanny est motivée comme jamais et elle part s’entraîner près d’Arnhem et du centre de haut niveau de Papendal.

Cet entraînement est rendu possible grâce à une opération de crowdfunding qui lui avait rapporté 4.500 euros en 2019.

Et puis, c’est la catastrophe, la pandémie arrive et tout s’arrête. Avec la crise du Covid-19, de nombreux événements sportifs sont reportés. C'est le cas des JO de Tokyo. Si pour certains, cela peut être vu positivement, pour Fanny Smets, ce report a été très dur à encaisser.

" J’ai pris du temps à digérer la nouvelle. Car cette année, c'étaient vraiment les JO et puis c'était fini, même s'il y avait encore les championnats d'Europe. Donc 2020, c'était l'année où je mettais un point final à ma carrière. Maintenant, il faut prolonger d'un an. J'aime bien ce que je fais, mais il y a beaucoup de sacrifices à faire et il va falloir tenir le rythme une année en plus ", commence par nous dire Fanny.

Car, la meilleure perchiste belge, diplômée en médecine à l’ULiège depuis 2012, rêvait de boucler sa carrière d’athlète dans le stade olympique de Tokyo. C’était son rêve ultime au bout d’un chemin chaotique.

Une sportive de haut niveau, mais sans contrat ADEPS

Fanny ne dispose pas d’un contrat d’athlète de haut niveau et elle doit bricoler afin de pouvoir vivre de sa passion. La perchiste n’a jamais réussi à avoir un soutien financier (sauf en 2014 et 2015, mais à mi-temps), malgré des résultats qui la classe parmi les meilleures spécialistes mondiales :

" Je n'ai pas le statut de sportif de haut niveau. Pourtant, pour moi au niveau des entraînements, ça ne change rien, j'en fait autant que les athlètes professionnels. La seule chose qui change, c’est au niveau de la rémunération. Car, je dois trouver un autre moyen de financer ma carrière sportive. Pourtant, je suis au niveau mondial, j’ai déjà fait les championnats d’Europe et les Mondiaux. Mais je ne sais pas pourquoi je n’ai jamais pu avoir de contrat. On m’a dit qu’il n’y en avait plus pour moi. "

Trouver d’autres idées pour s’en sortir

Du coup, pour pouvoir vivre de cette passion, Fanny travaille à temps partiel pour Décathlon. Mais ce n’est pas suffisant. Pas de souci pour la perchiste, elle déborde d’idées.

En 2019, elle lance un crowfunding pour disposer de suffisamment de fonds pour s’entraîner. Si elle ne réitère pas cette expérience cette année, avec la pandémie, il a fallu aller chercher des fonds. Cette fois, Fanny a l’idée de donner deux stages pendant l’été à des jeunes.

" Le problème, c’est que je n'ai pas envie de passer pour une mendiante, je ne pense pas refaire un crowfunding. J'en aurais bien besoin, parce qu'évidemment tout l'argent qui a été récolté pour financer ma préparation a été utilisé. Et avec la crise du covid, ça a entraîné l'annulation de toutes les compétitions estivales, ce qui fait que je n'ai aucun revenu au niveau de l'athlétisme. C'est pour ça que j'ai organisé des stages pour les jeunes pendant l'été. Comme de toute façon je n'avais pas de compétition, j'ai pris une semaine de repos et j'ai organisé deux stages pour renflouer les caisses. "

Cette idée, si elle n’a pas rapporté énormément, a bien plu à la perchiste : " Je n'avais jamais donné de stage de saut à la perche, mais j'entraîne les jeunes au club de Seraing une fois par semaine depuis 2014. J'adore transmettre ma passion. Faire les stages, c'est une nouvelle expérience. Ça a bien fonctionné et il y en a beaucoup qui ont beaucoup appris.

Du coup, Fanny repense à pérenniser ce genre d’idées, avec un meilleur encadrement : " Ça m'a bien aidé pour cet été-ci et c'est peut-être une idée à creuser et à refaire avec des sponsors extérieurs pour permettre une accessibilité à plus de jeunes. "

2021 et les Jeux, enfin !

2020 est sur la fin, 2021 arrive. Fanny est toujours en recherche d’idées et de moyens pour réaliser son rêve. Et si elle arrive à se qualifier pour Tokyo, ce sera sa plus grande victoire.

C'est un message pas que pour les sportifs de haut niveau, mais pour tous les sportifs de tout âge. Il n'est jamais trop tard, il faut toujours continuer. Si vous êtes passionné et que vous avez l'envie, il y a toujours un moyen d'atteindre son objectif. Pour ma part, je fais tout pour être au top en 2021, jusqu'à preuve du contraire, les jeux auront lieu. Et l’objectif là-bas, c’est d’atteindre la finale et terminer en beauté. "

 

Pierre Lambert

 

Tout cet été, Vivre ICI part à la rencontre des acteurs culturels, des producteurs, des pme… qui, a la suite de la crise du coronavirus, ont décidé de pivoter, de se réinventer et sont parvenus à mettre en place des solutions positives et durables pour s’en sortir. Leurs enseignements sont une lueur d’espoir pour leurs secteurs respectifs. Nous avons décidé de partager leur histoire et qui sait, vous inspirer.

#Restart est un projet en partie financé par le Fonds pour le Journalisme en Fédération Wallonie-Bruxelles.