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Musée : le BPS22 clame "La colère de Ludd"

La dépossession passe différentes choses : la dépossession de soi, de son corps, de son travail, de sa sexualité, de son territoire, de son identité… Tant de manières possibles de perdre ses repères, sa dignité et sa condition humaine.

 C'est ce qu'à voulu montrer Dorothée Duvivier à travers l'association d'une quarantaine d'œuvres issues d'une quarantaines d'artistes belges mais aussi internationaux. "Ce qui est remarquable, c'est que tous ces artistes ont un discours cohérent et pertinent par rapport au monde dans lequel on vit aujourd'hui. C'est l'occasion d'évoquer les enjeux actuels de notre société", développe Dorothée Duvivier.  A travers la dépossession, c'est plus largement les questions de la migration, de l'écologie, du capitalisme, de l'industrialisation, du colonialisme, de la quête d'identité et de genre qui sont abordées. 
Dans cette exposition, ce sont toutes sortes de médium qui se confondent, s'accumulent et s'agencent pour donner sens. De la peinture à la sculpture en passant par la vidéo et la photographie, toutes les formes d'art se croisent. 
 

Qui est Ludd?
Le général Ludd est un militant anglais de la fin du 18ème siècle et début du 19ème siècle. Il incarne le puissant mouvement de contestation sociale à l'ère industrielle anglaise. "Il est un peu le Robin des bois de la révolution industrielle en Angleterre. Il a mené le combat contre l'arrivée des nouvelles technologies qui envoyaient les ouvriers sur le banc de touche. A l'image de ce militant, les artistes exposés dans "La colère de Ludd" expriment, à leur façon, les dérives et enjeux de notre société actuelle. "Qu'est-ce qui nous dépossède à l'heure actuelle, 200 ans après cette histoire du général Ludd? Quelle est cette machine, ce système qui nous prive de notre vie? Cela peut être le capitalisme ou la globalisation, par exemple", explique la Commissaire.


Expos en parallèle
A côté de "La colère de Ludd", deux autres expositions s'immiscent dans les lieux du BSP22.
Dans "Mort au rose fluo!", Juan D'Oultremont a souhaité rassembler une centaine d'objets et écrits rassemblés pendant ses années d'enseignement à l'ERG, Ecole de Recherche Graphique à Bruxelles. Le tout prend forme à l'étage du BPS22. Sa collection est composée d'œuvres rachetées auprès de ses élèves lorsqu'ils ont été diplômés. A travers cet acte, il voulait valoriser l'art des étudiants autrement que par une note pédagogique. C'est la première fois qu'une valeur marchande était attribuée au travail des nouveaux artistes.
"Merci facteur!" expose les archives de Thierry Tillier qui se consacre au Mail Art. Cette pratique, aussi appelée art postal, est né de l'échange d'œuvres par voie postale.
"Dedans et dehors?" est une installation didactique à hauteur des plus petits. Les pièces exposées sont aussi issues de la collection de la Province de Hainaut, et choisies en fonction des thématiques actuelles. Elle invite les enfants à s'interroger sur la vie d'aujourd'hui, et à ouvrir le dialogue avec leurs ainés.

 

L'exposition "La colère de Ludd" est visible du 19 septembre 2020 au 3 janvier 2021. Le week-end d'ouverture (19 et 20 septembre) est gratuit.
L'exposition "Mort au rose fluo!" est visible du 19 septembre 2020 au 8 novembre 2020.
L'exposition "Merci facteur!" est visible du 19 septembre 2020 au 3 janvier 2021.
L'exposition "Dedans et dehors?" est visible du 19 septembre 2020 au 16 avril 2021.

Pour plus d'informations et réservations : www.bps22.be.

 

Florine De Norre

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