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Testez vos connaissances sur le VIH !

La Plateforme Prévention Sida a lancé un quiz en ligne pour tester nos connaissances sur le virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Le résultat est sans appel : nous avons encore du travail pour lutter contre les idées reçues et les mauvaises informations.

Le 1er décembre est la journée mondiale de lutte contre le VIH. La Plateforme Prévention Sida a ainsi lancé une campagne de sensibilisation depuis plusieurs jours. En ce sens, l’association a rendu publics les résultats d’un questionnaire en ligne auquel ont répondu plus de 1 300 Belges. La conclusion ? Nos connaissances en la matière sont largement insuffisantes.

Or connaitre le VIH est fondamental pour lutter contre la transmission de ce virus, mais aussi contre les stéréotypes négatifs et les discriminations à l’égard des personnes séropositives. Les chiffres des personnes contaminées sont certes en baisse, mais on compte toujours en moyenne 2,4 nouveaux diagnostics par jour en Belgique. Ainsi en 2018, 882 personnes ont été diagnostiquées séropositives selon Sciensano, l’Institut scientifique de santé publique.

Vivre ici vous propose de répondre aux questions les plus fréquentes sur la transmission ou le dépistage du VIH. Les chiffres sont issus de la Plateforme Prévention Sida.

Le Sida et Le VIH, c’est la même chose ?

NON. Le VIH — un virus — s’attaque aux cellules de notre système immunitaire dont le rôle est de nous protéger contre les maladies et les infections. Lorsque le système immunitaire s’affaiblit et ne peut plus jouer ce rôle de gardien, la personne séropositive est alors dite " malade du Sida " (Sida pour Syndrome d’immunodéficience acquise) et devient vulnérable à des infections/maladies " opportunistes " (pneumonies, cancers, affections neurologiques…) qui peuvent causer d’importants problèmes de santé, voire la mort.

VIH et Sida ne sont donc pas synonymes : le premier est responsable du second, en est la cause. Aujourd’hui, les traitements antirétroviraux permettent toutefois de stopper l’évolution du VIH : les personnes séropositives ne tombent donc plus malades du Sida.

Le VIH peut-il se transmettre par la salive ?

NON. Seuls 31 % des répondants connaissent les trois principaux liquides biologiques capables de transmettre le VIH : le sperme, le sang et le lait maternel. À cette liste, il faut ajouter le liquide séminal — le liquide transparent qui s’écoule au début de l’érection —, les sécrétions vaginales et le liquide anal.

En revanche, le virus se retrouve en quantité trop faible dans la salive, les larmes, la sueur, les vomissures ou l’urine. Il ne se transmet donc pas par ces liquides. Par ailleurs, en dehors du corps, le VIH a une très faible résistance à l’air libre et meurt en quelques secondes.

Puis-je attraper le VIH par un bisou ?

NON. 21 % des répondants pensent encore qu’on peut attraper le VIH en embrassant une personne séropositive sur la bouche. Le VIH peut se transmettre dans un rapport sexuel non protégé, en cas de déchirement du préservatif, lors du partage d’une seringue ou de matériel d’injection infecté. Une transmission de la mère à l’enfant reste possible lors de la grossesse, de l’accouchement par voie vaginale ou lors d’allaitement, si la mère n’est pas sous traitement.

En revanche, le virus ne s’attrape pas dans les gestes de la vie quotidienne d’une personne séropositive : vous pouvez manger avec cette personne, vous baigner avec elle, l’embrasser, la prendre dans vos bras, dormir avec elle sans le moindre souci ! Par ailleurs, les transfusions de sang ne comportent plus de risque dans les pays industrialisés, car les conditions d’hygiène sont respectées et le sang est strictement contrôlé.

Les pénétrations sans préservatif constituent-elles les comportements sexuels les plus à risque ?

OUI. 23 % des répondants l’ignorent, mais la pénétration — vaginale ou anale — sans préservatif est la plus dangereuse. Elle n’est toutefois pas la seule ! Si les risques sont très faibles, le VIH peut être transmis lors du partage de jouets sexuels, d’un cunnilingus ou d’une fellation.

Dans ce dernier cas, seule la personne qui donne une fellation peut être infectée par le liquide séminal. Le risque augmente en cas d’éjaculation dans la bouche, car le sperme est plus contaminant que le liquide séminal. Ce risque s’explique par les microlésions présentes dans la bouche comme les petites plaies, les boutons de fièvre ou les abcès. Si vous voulez pratiquer une fellation en toute sécurité : utiliser des préservatifs (aromatisés !), éviter de vous brosser les dents avant ou après une fellation, éviter de boire de l’alcool.

Si je me retire avant l’éjaculation, je protège mon/ma partenaire ?

NON. 18 % des répondants pensent à tort que se retirer avant l’éjaculation suffit à protéger les deux partenaires de la transmission du VIH. Or, le virus est déjà présent dans les fluides pré-éjaculatoires, et donc transmissible par contact avec des muqueuses présentes dans les orifices (vagin, anus) et autour du gland.

Le préservatif (externe ou interne) reste la protection la plus accessible et la plus efficace, à condition de bien l’utiliser pour éviter tout déchirement ou glissement pendant l’acte sexuel. Pour ce faire, vérifiez bien que le préservatif n’est pas périmé et est aux normes européennes. N’oubliez pas d’avoir recours à du lubrifiant également. Par ailleurs, il ne sert à rien de superposer plusieurs préservatifs.

Vous pouvez acheter des préservatifs dans des pharmacies, des sex-shops ou des grandes surfaces, ou en trouver gratuitement dans les centres de planning familial ou dans des associations de prévention aux IST.

Si j’ai eu un rapport sexuel à risque, existe-t-il un traitement d’urgence ?

OUI. 25 % des répondants ne connaissent pas le traitement post-exposition (TPE). Ce traitement d’urgence limite le risque d’être infecté par le VIH, mais doit être pris au maximum dans les 72 h après une prise de risque. Le traitement dure un mois et est prescrit par un médecin d’un centre de référence VIH après une évaluation du risque d’infection.

Ces centres de références sont les suivants en Fédération Wallonie Bruxelles : CHU de Charleroi, Hôpital Saint-Luc (Bruxelles), CHU Saint-Pierre (Bruxelles), CHU de Liège, Hôpital Érasme (Bruxelles), CHU Ambroise Paré (Mons), CHU Dinant-Godinne UCL Namur (Yvoir).

En outre, un traitement préventif existe pour les personnes séronégatives très exposées au VIH : la Prep. Concrètement, la Prep empêche le virus de se fixer et de se développer dans le corps humain : la personne séronégative ne peut donc pas être contaminée par le VIH même si elle a eu des relations sexuelles à risque. Plus d’informations sur la Prep par ici.

Le VIH se manifeste-t-il par des symptômes ?

OUI, mais pas obligatoirement. Certaines personnes peuvent développer des symptômes très similaires à ceux de la grippe entre 2 et 8 semaines après la contamination : fatigue extrême, perte d’appétit, sueurs nocturnes, fièvre, douleurs musculaires, éruptions cutanées, ganglions gonflés. Dans cette période appelée primo-infection, le virus est le plus facilement transmissible à des partenaires sexuels. Après cette primo-infection, les symptômes disparaissent, mais le virus continue de se développer dans toute l’organisme.

Si vous avez de tels symptômes, ne paniquez pas pour autant. Il est quasi impossible de repérer l’infection au VIH à partir de signes visibles. Seul le test de dépistage permet de dire avec certitude si la personne est infectée par le VIH ou non. Vous pouvez aussi appeler le 02/733.72.99 pour obtenir des conseils ou évaluer une prise de risque.

Faut-il vraiment attendre six semaines au minimum pour faire un dépistage du VIH ?

OUI. 72 % des personnes interrogées ignorent le délai nécessaire de six semaines pour se faire dépister du VIH avec une prise de sang. Pour le dépistage classique, vous pouvez vous rendre dans les hôpitaux, les centres de référence VIH, les centres de planning familial, les centres de dépistage, les maisons médicales ou chez un médecin généraliste. Les résultats sont connus environ une semaine après le test.

Par ailleurs, il existe des tests rapides (TROD – test rapide à orientation diagnostique) pour lesquels vous devez attendre trois mois. Généralement, on vous prélève une goutte de sang au bout du doigt et le résultat est connu en une minute à peine. Dans les deux cas, les délais doivent être strictement respectés pour s’assurer de la fiabilité à 100 % des résultats.

Les personnes séropositives sous traitement transmettent-elles encore le VIH ?

NON même si 33 % des personnes interrogées l’ignorent. Une fois le diagnostic connu, les personnes séropositives prennent un traitement qui rend leur charge virale indétectable et donc intransmissible. En d’autres termes, le virus ne peut plus être transmis lors des relations sexuelles, même sans préservatif. Par ailleurs, grâce ces médicaments, l’infection n’évolue plus et la personne séropositive est en meilleure santé. Toutefois, on ne guérit pas du VIH actuellement : une personne séropositive le reste à vie.

Le danger pour la transmission se situe donc du côté des personnes qui ignorent être séropositives et qui ne prennent pas de traitement antirétroviral. On comprend donc bien le rôle central du dépistage : plus tôt on connait son statut (séropositif ou séronégatif), plus vite on peut prendre un traitement adéquat et ainsi éviter de contaminer d’autres personnes.

Plus d’informations sont à retrouver sur le site internet de la Plateforme Prévention Sida. Par ailleurs, n’oubliez pas que le VIH n’est pas la seule IST — une infection sexuellement transmissible — que vous pouvez contracter : chlamydia, gonorrhée, syphilis, hépatites B et C, l’herpès ou encore l’HPV (papillomavirus). Prenez donc soin de votre santé sexuelle et de celle de votre/vos partenaire(s) !

Maxime Maillet