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Rencontre avec ÂA, l'artiste liégeois à suivre!

Il vient de sortir son tout premier EP intitulé "Âanimé", rencontre avec un artiste à fleur de peau.

ÂA est le nouveau talent belge à ne pas perdre de vue. A 26 ans, il vient de sortir son tout premier EP intitulé "Âanimé" et a tout pour être la nouvelle sensation de la pop francophone. Rencontre avec un artiste à fleur de peau.

ÂA est un jeune artiste aux multiples facettes. Pour commencer, son nom de scène est l’acronyme de 'Âtlaï Abdallah'. Âtlaï étant un nom hébreu qui signifie "Mon moment", Abdallah étant le deuxième prénom de son beau-père.

Poète romantique assumé, ÂA puise dans ses racines congolaises pour écrire des textes humanistes et teintés de spleen. Sonorités chaudes et pop, on trouve aussi des influences de R’n’B, de hip-hop et de chanson française dans sa musique qu’il qualifie de 'néoromantique'.

Quelle est votre histoire, quand avez-vous commencé à faire de la musique ?

ÂA : "J’ai commencé à faire de la musique en secondaires avec des potes qui faisaient du rap et je chantais sur leurs refrains. Après, j’ai commencé à écrire mes premières chansons, d’abord en anglais. C’est venu assez naturellement, comme les gens appréciaient, j’ai créé un groupe. Ensuite, j’ai créé ce personnage ÂA pour pouvoir faire quelque chose de plus personnel. Cet EP, je le sors pour me présenter."

Vous qualifiez votre musique de "Néoromantique", qu’est-ce que cela représente ?

ÂA : "C’est une sorte de conscience de l’environnement dans lequel je suis. Être conscient de la politique, de mes sentiments… Essayer de les assumer et de les revendiquer sans trop en rougir."

Vous êtes vous-même un grand romantique ?

ÂA : "Je crois que je le suis à ma manière. J’ai l’impression qu’aujourd’hui beaucoup de gens le sont mais ne l’assument pas forcément et moi j’ai envie de l’assumer et de le revendiquer."

Vous chantez en français et parfois en lingala, un clin d’œil à vos origines congolaises ?

ÂA : "Le français est venu assez naturellement. J’avais envie de pouvoir écrire des textes que les gens allaient pouvoir comprendre directement. J’avais écrit une chanson intitulée "ultraviolet" et c’est grâce à ce titre que j’ai rencontré mon manager et ma maison de disques. Comme ça leur a plu, c’était évident de continuer dans ce sens-là, car c’est quand j’ai commencé à écrire en français que les choses ont bougé pour moi. Et puis parfois il y a des moments quand j’écris, ça ne peut pas sortir autrement qu’en lingala, alors je le fais."

Vous êtes un artiste aux talents multiples, puisque vous écrivez, dessinez et réalisez vous-mêmes vos clips…

ÂA : "Les clips, je les ai travaillés durant le confinement. J’avais déjà cette idée de partir sur quelque chose de très illustré mais il fallait prendre le temps de le faire, le confinement est arrivé au bon moment. Dans mes clips, j’ai essayé d’être le plus sincère possible, tout en laissant des portes ouvertes aux autres interprétations."

Dans le titre "L’ignorance et la peur", vous parlez de l’ignorance et la peur comme étant de gros dangers. Ces paroles sont inspirées d’injustices que vous avez vous-même vécues ?

ÂA : "C’est définitivement lié à mon parcours et au milieu social duquel je viens. Lorsqu’on est un homme noir en Europe on se rend vite compte de certaines choses. Pour cette chanson, il y a un truc qui me faisait peur, je n’avais pas envie d’être moralisateur. Je voulais juste dire qu’à un moment dans la vie, on pouvait tous se retrouver à se comporter de manière ignorante et avoir peur de certaines choses."

Sur le morceau "Solitude", vous proposez un featuring avec Yseult, y en aura-t-il d’autres sur le prochain EP/Album ?

ÂA : (rires) "Il y en aura sûrement mais je ne peux pas encore rien dire."

M.J.