Mouscron 7700

Meurtre d'Alfred Gadenne : les enjeux du procès de Nathan Duponcheel

Le procès de Nathan Duponcheel a débuté par la constitution du jury populaire ce jeudi matin.

Six femmes et six hommes auront donc à juger le jeune homme de 20 ans qui a tué le bourgmestre de Mouscron Alfred Gadenne. Une audience lors de laquelle l’accusé est resté calme et impassible, n’ayant qu’à décliner son identité devant le président Jean-François Jonckheere.

Le procès entrera dans le vif du sujet lundi matin avec la lecture de l’acte d’accusation. C’est aussi lundi que l’on entendra plus longuement Nathan Duponcheel lors de l’instruction d’audience. Les acteurs de l’enquête et une soixantaine de témoins défileront ensuite à la barre. Le procès devrait durer cinq jours pour se terminer vendredi prochain.

Les faits

Le 11 septembre 2017 juste avant 20 heures, Alfred Gadenne, bourgmestre de Mouscron, se rend comme chaque soir dans le cimetière de Luingne. Cela fait des années qu’il a pris l’habitude d’en fermer la grille. Tous les Mouscronnois le savent. Nathan Duponcheel aussi. Le jeune homme, 18 ans à l’époque, égorge le maïeur avec un cutter. A l’arrivée des policiers, il dira : "Ça ne sert à rien d’aller le voir, il est déjà mort. Quand vous le verrez, vous saurez pourquoi j’ai vengé mon père."

L’enquête révélera par la suite que Nathan en voulait beaucoup au bourgmestre qu’il estimait responsable du suicide de son papa Olivier Duponcheel. Agent du SPF intérieur détaché à la Ville de Mouscron, il avait perdu son emploi suite à une décision du collège communal.

La défense : "Nathan est toujours sidéré par ce qu'il a fait"

C’est Jean-Philippe Rivière qui aura la lourde tâche de défendre Nathan Duponcheel. Une défense difficile pour au moins trois raisons. Premièrement parce que le jeune homme est poursuivi pour assassinat et risque donc la perpétuité. Deuxièmement parce que l’accusé a brisé son bracelet électronique et a pris la fuite armé d’un couteau en mars 2018. Enfin parce que la mort du bourgmestre très apprécié avait provoqué un immense choc à Mouscron. "J’espère que ce procès ne se déroulera pas dans une ambiance surmédiatisée compte tenu de la personnalité de la victime, a d’ailleurs expliqué Me Rivière jeudi dans la foulée de la désignation du jury. Il faut maintenant que la justice soit rendue avec un maximum de sérénité."

Jean-Philippe Rivière précise d'ailleurs que Nathan Duponcheel aborde ce procès dans un état d'esprit particulier. "Il est toujours presque sidéré par l'horreur de ce qu'il a commis. C'est quelque chose dont il avait parlé, il l'avait imaginé. Et puis il l'a réalisé et s'est rendu compte de ce qu'il avait réalisé. Et ça c'est évidemment tout autre chose."

Les parties civiles : "Ils sont détruits psychologiquement"

Sur le banc des parties civiles, un autre Jean-Philippe défendra les intérêts d’Agnès, la veuve d’Alfred Gadenne, ainsi que ceux de la famille du bourgmestre : Me Jean-Philippe Mayence. "Monsieur Gadenne était un homme paisible, quelqu’un très respectueux des règles et quelqu’un de bien, a-t-il déclaré à l’issue de l’audience de ce jeudi. Toute sa famille qui a été impactée par ces faits horribles attend que justice soit rendue. Ni plus, ni moins."

Le procès qui s'annonce difficile pour la famille. "Mes clients sont détruits psychologiquement, reprend Me Mayence. Madame Gadenne vite seule, malade, et tout ce qui était sa vie s'est effondré. Elle va venir assister à ce procès, mais la seule chose qui était importante c'était son mari et il n'est plus là..."

Denis Vanderbrugge

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