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Ramdam Festival: dix jours pour voir des films qui dérangent

C’est devenu, en huit ans, un des rendez-vous que les cinéphiles tournaisiens ne voudraient manquer pour rien au monde. Le Ramdam, le festival du film qui dérange, a enregistré l’an dernier près de 23.000 entrées. "Mais il nous serait difficile...

C’est devenu, en huit ans, un des rendez-vous que les cinéphiles tournaisiens ne voudraient manquer pour rien au monde. Le Ramdam, le festival du film qui dérange, a enregistré l’an dernier près de 23.000 entrées. "Mais il nous serait difficile d’accueillir beaucoup plus de monde, estime son président, Jean-Pierre Winberg. Nous restons une petite équipe". Du 13 au 23 janvier, plus de 20.0000 spectateurs sont donc attendus au complexe Imagix de Tournai.

Au fil des éditions, la thématique du festival fait ses preuves auprès d’un public curieux, avide de découvertes et de films qui sortent des sentiers battus. Bien sûr, les soirées d’ouverture et de fermeture prévoient la diffusion de films dont tous les médias parlent déjà: "In the fade", de Fatih Akin, qui vient de décrocher le Golden Globe du meilleur film étranger et "The Post", du très populaire réalisateur américain Steven Spielberg. Deux films dérangeants par les thèmes qu’ils abordent (les attentats néonazis en Allemagne et le scandale des Pentagon Papers aux États-Unis), tout comme les 46 productions présentées à Tournai. Des longs-métrages et courts-métrages de fiction, des documentaires, parmi lesquels figurent une dizaine d’avant-premières francophones.

Coups de cœur des programmateurs

Difficile de détailler ici toute la programmation du festival. La sélection fait notamment la part belle aux films au générique desquels on retrouve quelques noms connus du cinéma belge : Jérémie et Yannick Renier ("Carnivores"), Pauline Burlet ("Le Semeur"), Adil El Arbi et Bilall Fallah ("Patser")… Mais parmi les coups de cœur des programmateurs figurent aussi un film islandais ("Under the tree", récit d’un conflit de voisinage qui dégénère), un long-métrage tchèque ("Ice Mother"), une comédie italienne déjantée ("Brutti e cattivi"). Ce dernier film met en scènes des personnes handicapées et il n’est pas le seul de la programmation du festival : "On a cinq films qui parlent de la problématique du handicap, admet Eric Derwael, le commissaire général du Ramdam. Ce qui est beaucoup mais aussi normal. On ne parle pas des personnes handicapées en général, on les cache, c’est un sujet qui dérange. Le handicap est le 2e critère de discrimination à l’embauche. Ça ne nous surprend donc pas qu’on retrouve cette thématique dans les films qui dérangent". Autre coup de cœur à épingler : le documentaire de Thom Vander Beken "I know you are there", dans lequel le réalisateur accompagne les questionnements de la famille d’un jeune homme dans le coma depuis 10 ans. "Le Ramdam de l’année"  présentera pour sa part une sélection de films récemment sortis en salle.

La dvdthèque du Ramdam

Les équipes de bon nombre de films seront présentes à Tournai pour rencontrer le public et débattre avec lui. Car, au Ramdam, c’est le public qui décerne les prix et pas un jury professionnel, comme dans les autres festivals de cinéma. "Je trouve que le public est un jury beaucoup plus juste, très précis. Ici 3 à 400 personnes vont voter pour chaque film. Si la cote est bonne, ce sera un bon critère pour le film par la suite", poursuit Eric Derwael. A priori, seulement la moitié des films présentés ici seront distribués par la suite dans les salles de cinéma du pays. Seule solution pour être sûr de les découvrir : vous précipiter au festival, ou attendre leur sortie en DVD. Huit bibliothèques du Tournaisis (Brunehaut, Celles, Comines, Mont-de-l’Enclus, Mouscron, Pecq, Rumes et Tournai) proposent d’ailleurs en prêt les films qu'on a pu voir lors des 7 éditions précédentes du Ramdam. "On ne laisse pas repartir le public comme ça, après avoir rendu le DVD, on en discute toujours", insiste Nathalie Quiévreux, bibliothécaire à Celles. De quoi rattraper près de 250 films.

Stéphanie Vandreck

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