Tournai 7500

Grâce au nez fin d'un vide grenier, Tournai va récupérer une croix précieuse du XVIIIème

Sous l’Ancien Régime, il existait une croix de distinction des chanoines de la cathédrale de Tournai, dont le port avait été accordé par l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche en 1753.

 De cette croix pectorale, il n’y avait plus de trace à Tournai, à part dans les archives de la cathédrale, qui disposent encore du diplôme impérial d’octroi, et sur quelques épitaphes de chanoines, dans la nef, où la croix apparaît sculptée. 

Disparues durant la révolution

Les 43 croix d’or, d’émail et d’améthystes, des cristaux de quartz de teinte violette, furent à l’époque commandées par le chapitre.  Ces objets précieux furent réalisés par un orfèvre tournaisien du nom de Marc Lefebvre, dit le Vieux.  En 1797, durant la Révolution française, ces croix disparurent avec leurs détenteurs. Officiellement, il n’en subsistait qu’un seul exemplaire, conservé au cabinet des médailles de la Bibliothèque royale à Bruxelles et donc invisible du public. 

Récemment un vide grenier s’adressa à la maison Jean Elsen & ses Fils, numismates à Bruxelles. Ses responsables, qui avaient inscrit cette croix "surprise" au catalogue de leur vente publique du 19 septembre dernier, en ont informé Tournai.  L’enchère fut finalement remportée grâce à une importante mobilisation.

La croix qui revient à Tournai se distingue de celle que portent actuellement les chanoines, qui remonte à 1865. Au lieu des clés en sautoir, emblème du Saint-Siège – le pape Pie IX ayant accordé cette seconde croix –, la croix "autrichienne" arbore l’emblème impérial, un aigle bicéphale d’or pur. Sur celui-ci est posée une croix du type croix de Malte, au cœur de laquelle figure, en or et émail blanc, la figure de la Vierge sur la face avant et le monogramme de Marie-Thérèse au revers. 

Elle doit être restaurée 

Pour des raisons inexpliquées, les bras de la croix, initialement prévus d’or émaillé en violet, ont été garnis d’améthystes taillées – une configuration assez fragile. Ainsi sur la croix qui vient d’être rapatriée, un des bras a perdu son améthyste (Voir photos). Pour combler ce manque, le Fonds Claire et Michel Lemay a décidé de financer la restauration de la croix, qui sera effectuée prochainement à Bruxelles, chez le joaillier Éric Bellemans.

Dans le cadre des festivités des 850 ans de la dédicace de la cathédrale, en 2021, Tournai récupérera ainsi un fleuron de son patrimoine. La croix sera alors déposée et exposée au trésor de la cathédrale.

RTBF

Retrouvez l'article original sur RTBF