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Réouverture des magasins en France ce samedi : "Une catastrophe pour le commerce frontalier"

Les commerces dits "non essentiels" rouvriront leurs portes en France ce samedi 28 novembre.

Les commerces dits "non essentiels" rouvriront leurs portes en France ce samedi 28 novembre. Une bouffée d’oxygène à quelques semaines de Noël. Mais pour les commerçants frontaliers, comme ceux de Tournai, le coup est dur.

La Belgique va-t-elle s’aligner sur ses voisins ? Peut-on parler de concurrence malsaine ? Pour répondre à ces questions, Robert Delvigne, président de l’association des commerçants de Tournai, était l’invité de Matin Première ce mercredi.

"Tournai est à un jet de pierre de Lille, de son centre commercial et de la périphérie lilloise avec des grands centres commerciaux, donc la tentation est là, observe-t-il. La clientèle potentielle aura vite fait de traverser la frontière et d’avoir une offre commerciale très importante, qui va donc nous passer sous le nez, surtout dans cette période de fêtes de fin d’année où la période est très intéressante commercialement. C’est effectivement une catastrophe pour le commerce frontalier, et notamment pour le commerce tournaisien."


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Difficile de comprendre que la situation soit différente à cinq kilomètres

Pour Robert Delvigne, "on est dans une situation de commerce déloyal, de par les décisions qui sont prises et de par les décisions qui ne sont pas prises en Belgique ou qui sont prises trop tard par rapport à nos amis français".

Le président de l’association des commerçants de Tournai trouve "difficile de comprendre que la situation soit différente à cinq kilomètres". Et d’ajouter : "Le problème, c’est que si on autorise le ressortissant belge à se déplacer sur le territoire français, je ne vois pas très bien où est l’argument de la situation sanitaire. À ce moment-là, il n’y a plus de barrières puisque l’un va amener le problème de l’autre côté et ramener le problème chez soi. Donc, ça ne va pas, ce n’est pas un argument, ça ne tient pas la route au niveau commercial."

La Belgique devient vraiment un no man’s land commercial au milieu de l’Europe

Un comité de concertation aura lieu ce vendredi 27 novembre en Belgique pour faire le point sur les mesures en vigueur chez nous. Robert Delvigne espère que notre pays s’alignera sur le voisin français. "La Belgique devient vraiment un no man’s land commercial au milieu de l’Europe. Donc, au moins l’ouverture de tous les commerces, et également, quand je vois les indemnités qui sont données pour les commerces qui sont obligés de rester fermés, là on peut réellement parler d’aides et d’indemnités qui sont à la hauteur des mesures."

Le commerçant va se retrouver avec un problème de trésorerie

Le Tournaisien s’inquiète de l’avenir pour les commerçants belges. "On a fait notre petit sondage et je suis passé auprès des commerçants, certains sont à moins de 10% de leur chiffre d’affaires. Ils ne se sont pas encore relevés du premier confinement, on leur met un deuxième confinement sur la tête et il y a maintenant cette concurrence qui va exister avec la France."


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Quelles que soient les décisions prises ce vendredi en Belgique, le retard sera difficile à combler. "Même si on ouvre dans une semaine ou dans 15 jours, ce qui est vendu à l’extérieur est une perte commerciale. Il n’y a rien à faire, on ne la récupérera jamais. Le commerçant va se retrouver avec un problème de trésorerie. Il devra à un moment donné faire face à toutes les échéances qui ont été reportées et s’il n’a pas la trésorerie pour payer, il n’y a rien à faire, il devra abandonner et malheureusement mettre la clé sous le paillasson. C’est très dur pour le commerce."

RTBF La Première

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