Ecaussines et ses deux châteaux

Les gens du coin le savent, tous les ans à la Pentecôte, les célibataires, mais pas uniquement eux, se rencontrent au célébrissime gouter matrimonial d’Ecaussinnes. Inventé il y a un peu plus de 100 ans, il s’agissait à l’époque de lutter contre la pénurie de mariage. Aujourd’hui encore, lors de ce goûter, les " candidats au mariage " s’y inscrivent pour espérer ainsi trouver l’âme sœur…Le gouter matrimonial est surtout désormais un prétexte à une fête qui rassemble les habitants des villes et villages avoisinants.

C’est aussi l’occasion pour ceux qui ne connaissent pas la région de découvrir les deux superbes châteaux d’Ecaussinnes, celui d’Ecaussinnes-Lalaing et celui de la Follie.

Le château d’Ecaussinnes-Lalaing est d’origine médiévale. Au 14e siècle, cette fière forteresse se dressait flanquée de 7 tours. Les premiers occupants étaient Jeanne d'Ecaussinnes et Simon de Lalaing, grand bailli de Hainaut. Au 15e siècle, le château est passé dans les mains des princes de Croÿ à la suite du mariage de Marie de Lalaing avec Jean de Croy, comte de Chimay, Grand bailli de Hainaut et conseiller intime de Philippe le Bon puis de Charles le Téméraire.

Le château mérite la visite. Tout d’abord pour son architecture mais aussi pour la richesse de son aménagement intérieur. La cuisine a conservé son aspect du 15e siècle, le salon lui est décoré de stucs du 18e siècle.

Le second château est celui de la Follie. Il a été construit au 14e siècle. Toute la forteresse médiévale était bâtie en moellons. Elle était à l’époque la propriété de la famille d’Enghien. Le château a été transformé à plusieurs reprises entre le 16e et 18e siècle. Il faut mettre en évidence la chapelle du château dont les vitraux ont été réalisés sur base de cartons dessinés par le peintre de la renaissance Bernard Van Orley.

Pendant des siècles, l'activité principale a été l'extraction et le travail de la pierre bleue. L'exploitation de ces roches a largement contribué à la renommée d'Ecaussinnes. Les pierres du coin ont été utilisées à Sainte Waudru à Mons, à la Maison du Roy à Bruxelles, à la place du Sablon à Bruxelles, à l’Hôtel de Ville de Leuven, au palais du Rihour de Lille.... Les plus anciens documents nous montrent déjà des traces des carrières écaussinnoises dès le 14e siècle. Vers 1900, il y avait plus de 15 carrières en activité. Aujourd’hui, la plupart sont inondées, réserve naturelles ou zone de sport, elles continuent à façonner le paysage local.

C. Vandelois