Ecaussinnes 7190

Une micro-ferme en permaculture, la transition d'une ex-archéologue

D’un ras-le-bol peut naître un projet positif. C’est le cas pour Nelly Venant qui, après une désillusion, a pris la voie de la transition, en se lançant dans la permaculture. Sa micro-ferme est en préparation.

A Ecaussinnes, un terrain d’1,16 ha est en pleine transformation. Là où les vaches paissaient il y a une paire d’années, un verger de 28 arbres fruitiers à haute tige et une haie nutritive ont pris place. Pommiers, poiriers, pruniers, cerisiers, pêchers, cognassiers, framboisiers, cassiers, groseillers… poussent depuis un an et préfigurent ce qui doit devenir une micro-ferme en permaculture.

Pomme Poire Pêche, c’est son nom, doit devenir une corne d’abondance où pousseront fruits, légumes, plantes aromatiques et médicinales dans une parfaite harmonie, en suivant les principes de la permaculture, soit une culture où se mêlent des espèces se révélant complémentaire.

Burn-out et transition

Ce projet, on le doit à Nelly Venant qui, avec un doctorat en archéologie, se destinait plutôt à gratter la terre qu’à la cultiver. Mais amenée à travailler sur un gros chantier de fouilles, elle découvre une facette du métier qui ne lui plaît pas : celle de devoir se contenter d’un travail rapide et superficiel.

" Dans ce genre de projet, on est toujours repris par la course contre la montre. Tous les aspects qui m’attiraient, j’ai dû faire une croix dessus et me limiter à suivre des procédures sur ordinateur, à faire un travail superficiel car on n’a pas le temps d’aller au fond des choses. Je me retrouvais sur un site qu’il aurait fallu fouiller en 10 ans, pour lequel nous n’avions qu’un an et demi, et que l’on détruisait pour construire un parking. Quand j’ai fait ce constat, j’ai fait un burn-out. "

En découle une phase d’introspection où elle recherche ce qui la motive. Et elle trouve dans différentes initiatives locales, comme le manger sain, la production locale et raisonnée, la voie du zéro déchet…Bref, tout ce qui touche à la transition.

Crowdfunding et débuts prometteurs

" J’admirais ces gens qui changeaient de vie pour bâtir leur idéal. Puis je me suis dit : soit c’est mon tour de claquer la porte, soit je ne le ferais jamais. " Nelly laisse l’étude de la céramique gallo-romaine de côté, devient enseignante et prépare en parallèle sa transition, couchant sur papier son projet, épaulée par une entreprise aidant les porteurs de projets liés à l’économie durable.

Elle se met ensuite en quête d’un terrain, qu’elle finit par trouver via Facebook, et lance un crowdfunding qui lui permet aussi de mesurer l’intérêt porté par son projet. Le résultat dépasse les espérances, 15 jours suffisant à récolter 12% de son budget de lancement auprès de 114 contributeurs.

Cela lui a permis de planter son verger et sa haie composée de variétés indigènes qui, outre des fruits, lui apportera de la matière première pour la vannerie, de fourrage, de biomasse pour les cultures. De la sorte, Nelly applique les principes de la permaculture en plantant des essences qui pourront à long terme participer à la résilience de la ferme.

Partager les savoirs et les passions

Une ferme que Nelly ne construit pas seule, son projet étant aussi un lieu de partage des savoirs et activités en lien avec l’environnement, le bien-être. Des stages d’initiation à la permaculture, de yoga… ont rencontré leur public, parfois très jeune.

" Malgré la crise sanitaire et l'annulation des premiers stages et ateliers pour adultes, les stages enfants de cet été ont bien eu lieu et ont rencontré un beau succès. Ils ont permis aussi des collaborations avec d'autres entrepreneurs locaux ", se réjouit Nelly. D’autres stages à destination des adolescents étaient prévus durant les vacances d’automne, mais la crise sanitaire s’est rappelée à notre mauvais souvenir.

Pas de quoi remettre en question le projet global. Une demande de permis est en cours d’élaboration pour la suite des installations de la ferme. Une première production de fruits, légumes, plantes aromatiques et médicinales est prévue pour la saison prochaine. Les plantations vont se poursuivre durant cet automne.

D’ici là, la petite ferme entend bien proposer rapidement d’autres ateliers dès que la situation sanitaire le permet. Envie de savoir comment faucher un terrain à la faux, ou comment conserver vos légumes ? Rendez-vous sur la page Facebook de Pomme Poire Pêche et sur son site web, pommepoirepeche.com pour y guetter les prochaines activités.

Ugo PETROPOULOS