Morlanwelz 7140

" Le secret de Warocqué " : quand une " Escape Room " s'invite au musée

Le musée de Mariemont innove presque cet été, en proposant un jeu d’évasion pour mettre en valeur autrement ses collections et attirer un nouveau public.

Le musée royal de Mariemont dans le Hainaut est une référence en plusieurs matières : l’antiquité, l’archéologie régionale, la porcelaine de Tournai, l’Egypte, l’Extrême Orient…Bref, c’est une institution sérieuse dont les travaux de recherches archéologiques font loi.

Mais qui dit sérieux ne dit pas nécessairement ennuyeux. En témoigne une bibliothèque particulière, accessible au public depuis un mois, et qui promet quelques montées d’adrénaline. Ce lieu cache un lourd secret qu’il vous convient de découvrir en 60 minutes.

Ce pitch vous dit quelque chose ? Normal : cette bibliothèque reconstituée est en fait une " escape room ", jeu bien à la mode qui consiste à résoudre une énigme pour pouvoir sortir d’une pièce ou pour trouver un objet caché, grâce à la collecte et au tri d’indices.

Ici, c’est " le secret de Warocqué ", industriel féru d’archéologie à qui l’on doit la création du musée de Mariemont, qu’il faudra percer. Le scénario du jeu imagine une mystérieuse malédiction mérovingienne, époque dont ce personnage emblématique était passionné.

Capter un public qui ne va pas au musée

Mais que vient faire un jeu d’évasion dans un musée ? " C’est parti de deux envies, répond Mélanie Thiry, chargée de communication du musée. Celle d’amener une nouvelle forme de découverte culturelle dans le musée et celle de proposer une association assez inédite entre le loisir et le savoir. "

De la sorte, le musée veut " toucher autrement un public déjà acquis et totalement un public qui ne se reconnait pas dans l’offre d’un musée, mais qui se reconnait dans l’offre de loisirs. " La cible prioritaire constitue surtout les 25-41 ans, qui raffolent des jeux d’évasion, mais ne se donnent pas rendez-vous dans un musée d’archéologie…

" Le Secret de Warocqué " adopte les codes d’un escape game classique et a été conçu par une société spécialiste en la matière, à savoir CharleroomS, qui a mis en scène le jeu à partir de pièces conservées dans le musée.

Si l’histoire de cette mystérieuse malédiction qui plane sur le domaine de Mariemont est fictive, tous les indices et éléments permettant de résoudre l’énigme sont bien réels.

" Les concepteurs ont été plus loin dans le respect de la vérité que ce que j’avais escompté. Le cheminement pour dénouer l’énigme est fictionnel, mais toutes les découvertes correspondent à la réalité archéologique ", souligne Marie Demelenne, commissaire d’exposition et spécialiste de la culture mérovingienne. Car si le but est de s’amuser, les équipes de Mariemont n’ont pas perdu de vue la vocation d’un musée, à savoir la médiation culturelle et la transmission d’un savoir.

Une démarche presque inédite en Belgique

Si à l’étranger de plus en plus de musées ont franchi le pas avec plus ou moins de bonheur, créer une escape room au sein d’un musée n’est pas une démarche courante en Belgique. A notre connaissance, seul le Pass de Frameries s’est déjà plié à l’exercice, en Wallonie du moins.

C’était durant l’été dernier, quand le Parc d’aventures scientifiques et de sociétés proposait à ses visiteurs de se plonger dans l’ambiance d’un laboratoire où il fallait découvrir un virus inconnu…

Un thème on ne peut plus d’actualité, qui a rattrapé l’activité puisque l’expérience a tourné court à cause d’une nouvelle flambée des cas de Covid. Gageons que cette année, le Secret de Warocqué ne connaîtra pas la même mésaventure et pourra triturer les méninges des visiteurs jusqu’au 7 novembre…

Enfin, si l’énigme a titillé votre curiosité sur l’univers mérovingien, signalons également que l’exposition " Le Monde de Clovis ", qui s’est tenue en parallèle et a initié le thème de l’escape room, est toujours accessible de manière virtuelle.

Infos et réservations : www.charlerooms.be. De 2 à 6 joueurs à partir de 8 ans.

Ugo Petropoulos