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Communes, âges, décès… Où en est l'épidémie de coronavirus en Belgique ce mardi ?

Où en est l’épidémie de coronavirus en Belgique ce mardi 31 mars ? Nous faisons ci-dessous le point avec les données fournies par Sciensano, l’Institut scientifique de santé publique.

Où en est l’épidémie de coronavirus en Belgique ce mardi 31 mars ? Nous faisons ci-dessous le point avec les données fournies par Sciensano, l’Institut scientifique de santé publique.

Ces données sont le reflet de la situation à un instant précis… et – surtout pour le nombre de cas positifs – sont tributaires de la quantité de tests effectués en laboratoire.

Dès lors, a rappelé ce samedi Emmanuel André, le porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19, "les indicateurs les plus importants que nous allons suivre restent le nombre d’hospitalisation et de patients en soins intensifs".


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Provinces et Communes

On le voit sur le graphique ci-dessous, c’est la province d’Anvers qui compte le plus de cas confirmés à ce jour.

Mais si on se concentre sur le nombre de cas pour 100.000 habitants, c’est bien le Limbourg qui est en tête. Dans cette province, la commune d’Alken a enregistré de très nombreux cas. La province fait face à un afflux de malade dans ses hôpitaux, a confirmé mardi Emmanuel André, porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid-19.

On l’a dit, le nombre de cas détectés dépend de la capacité de test des laboratoires. C’est ainsi qu’on apprenait dans le bulletin épidémiologique de Sciensano daté du 28 mars que "l’augmentation des cas en Wallonie est due à l’envoi de données rétrospectives par un nouveau laboratoire effectuant le diagnostic".


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Pourquoi le Limbourg ? Pourquoi le Hainaut qui compte le plus de cas détectés en Wallonie ? Il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives. Concernant la commune d’Alken qui figure en vert très foncé sur la carte, le bourgmestre cité par la VRT évoquait la semaine dernière l’organisation de deux soirées avant la mise en place du confinement. Ces fêtes auraient contribué à répandre le virus. Mais ce n’est là qu’une hypothèse.

Ce virus ne touche pas une communauté en particulier

Ce qui est sûr, c’est que le virus ne connaît pas de frontière, comme l’a rappelé Emmanuel André le vendredi 27 mars. "L’infection à coronavirus, comme à d’autres virus comme le HIV ou Ebola, crée de la stigmatisation entre des communautés et de l’angoisse, a-t-il observé. Nous voudrions insister sur le fait que ce virus ne touche pas une communauté en particulier."

Et d’ajouter : "La réponse à l’épidémie doit être une réponse solidaire qui doit transcender les clivages qui peuvent préexister dans notre communauté. Des clivages de langue, de religion ou d’origine. Nous demandons à chacun de continuer de façon solidaire à se protéger soi-même et à protéger les autres, […] en évitant de propager des messages qui pourraient altérer la qualité de notre réponse à cette épidémie en créant des clivages."

Hospitalisations : éviter la saturation

Les hôpitaux belges sont actuellement en première ligne dans la lutte contre le coronavirus. Ce mardi, 53% des lits en unités de soins intensifs disponibles pour des patients atteints d’une infection au Covid-19 étaient occupés.

En résumé, 485 patients ont été hospitalisés au cours des dernières 24 heures, tandis que 168 personnes ont quitté l’hôpital. Au total, 4920 personnes sont actuellement à l’hôpital, dont 1021 dans des unités de soins intensifs. Cela représente une augmentation de 94 par rapport à lundi 30 mars.


►►► Cliquez ici pour lire en détail la situation dans les hôpitaux, avec des chiffres actualisés quotidiennement


Le taux d’occupation dans les hôpitaux, est un bon indicateur pour suivre l’épidémie de coronavirus. Car tout l’enjeu de cette crise, c’est bien d’éviter une saturation dans les services de soins de santé.

Si on regarde l’ensemble du pays, la situation n’est pas encore critique. Mais des points de tension commencent à émerger, a confirmé Emmanuel André ce mardi. "Certaines zones font face à des situations très difficiles", a déclaré le porte-parole interfédéral.

Bruxelles, le Limbourg et le Hainaut sont en ce moment en tension. "Des mesures sont prises pour accompagner ces provinces."

Nous pensons que nous allons pouvoir faire face

On note malgré tout "un certain nombre de signes encourageants", selon Emmanuel André. L’intensité de l’épidémie ralentit. Mais ralentissement ne veut pas dire baisse. "Tous les jours, un certain nombre important de patients rentrent en unité de soins intensifs. Inévitablement, ce nombre va continuer à augmenter dans les prochains jours. Nous allons arriver à un point qui se rapproche de la saturation de nos hôpitaux."

Dans ce contexte, le médecin affirme : "Nous pensons que nous allons pouvoir faire face à ce nombre important. Tout le système a été préparé pour le faire et on continue à travailler activement." Il n’empêche, "au moment où on se rapproche du pic, le travail sera très intense."

Catégories d’âges les plus touchées

Personne n’est à l’abri. Et le décès d’une jeune fille de 12 ans annoncé ce mardi est là pour le rappeler.

"Les enfants restent une population à très faible risque de complications sévères, insiste Emmanuel André au micro de la RTBF. Nous avons toujours rappelé que cette infection concerne tout le monde. Chaque tranche d’âge peut être vecteur de transmission du virus dans son entourage."

Toutes les catégories d’âge sont donc concernées par le coronavirus, avec un pic dans la catégorie d’âge 50-59 ans, comme le montre le graphique ci-dessous.

Attention, Sciensano apporte cette précision importante : "Cette figure représente la répartition par âge de tous les cas confirmés. Elle ne reflète pas la gravité de la maladie pour un groupe d’âge particulier."


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Facteurs de comorbidité (chiffres issus du rapport du 26 mars)

Les patients victimes d’une infection à coronavirus sont-ils porteurs d’autres pathologies ? Parfois, mais pas toujours. Le tableau ci-dessous, publié par Sciensano dans son bulletin épidémiologique du 26 mars, présente les comorbidités préexistantes des patients lors de leur admission à l’hôpital.

Précisons que la comorbidité c’est, selon le Larousse, l'"association de deux maladies, psychiques ou physiques, fréquemment observée dans la population (sans causalité établie, contrairement aux complications)".

Il apparaît que 35,5% des patients souffraient déjà d’hypertension artérielle, 28,5% de maladies cardiovasculaires, 19,6% de diabète et 16,3% de maladie pulmonaire chronique. A l’inverse, 26,5% des personnes hospitalisées n’avaient aucune comorbidité préexistante identifiée.

Décès et distribution des décès par âges

Le Covid-19 a fait 705 morts en Belgique en date du 31 mars. Ce chiffre n’est pas définitif et doit encore être consolidé. La plus jeune victime est âgée de 12 ans, a-t-on appris ce mardi.

Les graphiques ci-dessous vous donnent la répartition par Régions et par catégories d’âge. Attention, ces données ont été extraites manuellement du bulletin épidémiologique de Sciensano pour les rendre interactives, ce qui crée une légère variation dans les chiffres sans pour autant affecter les ordres de grandeur.

En guise de référence, nous reproduisons en fin d’article une capture d’écran du rapport en PDF de Sciensano.

 

Ambroise Carton

Retrouvez l'article original sur RTBF