Jurbise 7050

Les mesures de confinement sont prolongées de deux semaines, jusqu'au 18 avril

Depuis ce vendredi 14 heures, le conseil national de Sécurité (CNS) est en réunion. Une semaine après le confinement annoncé par la Première ministre Sophie Wilmès, la Belgique s’attend à de nouvelles décisions. Une conférence de presse est prévue juste après, mais impossible pour le moment de savoir quand, tant les discussions peuvent s'avérer délicates.

Mais selon nos informations, le CNS va annoncer une prolongation des mesures de confinement. Celles-ci étaient prévues jusqu'au 5 avril, les voilà confirmées jusqu'au 18 avril. Le mot d’ordre est "graduation". La Belgique agira par petites touches, après avoir très vite réagi, au contraire de nos voisins : les Pays-Bas, la France et la Grande-Bretagne…

Pour rappel, le Conseil national de sécurité est composé de la Première ministre (qui préside le CNS), des vice-Premiers ministres et des ministres de la Justice, de la Défense, de l’Intérieur et des Affaires étrangères, pour ce qui concerne les responsables politiques (il y a d’autres responsables policiers, judiciaires, etc.). Vu la situation, les entités fédérées, avec les ministre-présidents, sont également à la table du CNS.

Avant cette réunion du conseil national de Sécurité, les scientifiques ont pris langue avec les politiques, pour faire le point. Le CNS discute par la suite, des décisions à prendre. Quels sont les enjeux ?

L’épidémie sous contrôle ?

C’est la question centrale. Les mesures prises par le gouvernement sont-elles efficaces ? Chaque jour, les chiffres de contamination, de décès, d’hospitalisations en soins intensifs ou non, évoluent, la plupart du temps à la hausse. Peut-on néanmoins penser que "ça va mieux" ? Certains scientifiques le pensent.

Dans les analyses génétiques réalisées sur les différents porteurs du virus, on se rend compte qu’il y a plusieurs types de COVID-19 qui circulent chez nous, sans pour autant se répandre. En clair : différentes versions du coronavirus sont présentes chez nous, mais on constate que ces différentes versions restent "dans leur zone". Elles ne voyagent pas d’Ostende à Arlon. Cette constatation est une certaine source d’optimisme pour les experts.

Garder l’adhésion de la population

Selon les experts, pour que les mesures soient efficaces, il faut que la population en saisisse leur sens. La possibilité de les durcir n’est pas nécessairement bien vue par certains experts : il faut garder l’adhésion du public pour que les mesures fonctionnent. Ainsi, l’éventualité de l’interdiction des balades à vélo, une question sensible en Flandre, semble être écartée.

Néanmoins, le monde politique est bien conscient que les mesures ne sont pas respectées partout, par tout le monde. Il n’est pas question (et pas possible) de mettre un membre des forces de l’ordre partout pour surveiller les allées et venues de tout un chacun.

Et il n’est pas non plus prévu, à ce stade, de prendre des décisions drastiques concernant les déplacements, comme en France. Mais le gouvernement fédéral souhaite rappeler que des sanctions sont déjà prévues actuellement. La population est appelée à respecter les mesures de confinement déjà édictées.

Les écoles ? C’est encore trop tôt

C’était l’un des points compliqués de la dernière négociation au CNS. Les cours restent suspendus et à la question de savoir si les cours pourront reprendre après Pâques, le CNS pourrait plutôt décider de renvoyer la décision à plus tard.

Reste qu’au gouvernement fédéral, on souhaite une harmonisation des décisions prises par les différentes communautés, compétentes pour l’enseignement.

Prolonger, malgré le risque économique

Le président de la Banque nationale de Belgique, Pierre Wunsch, le dit à tous ses interlocuteurs : les mesures actuelles font mal, très mal, à l’économie. Chaque semaine, c’est 4 milliards d’euros qui s’envolent. La reprise sera très difficile.

Malgré ça, le gouvernement devrait annoncer de nouvelles fermetures d’entreprises, vu la difficulté pour certaines d’entre elles de respecter la distanciation sociale. Le Groupe des 10 (patrons et syndicats) s’est mis d’accord sur une liste qui sera présentée cet après-midi.

Himad Messoudi et Thomas Gadisseux