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Mons: arrestation de militants d'extrême gauche... et d'une maman, choquée

Selon la police et selon les manifestants, les faits diffèrent sur plusieurs points.

Mais tous sont d'accord pour dire que mercredi soir, une arrestation a eu lieu dans le centre-ville de Mons. Des militants d'extrême gauche ont été interpellés puis emmenés au poste. Une décision logique selon la police de la Zone Mons-Quévy, à l'heure où de tels rassemblements sont interdits. Une action musclée disproportionnées selon les jeunes militants.

Basile Splingard, 20 ans, fait partie d'un groupe local de "Rupture et Renouveau", une organisation communiste. "Mercredi, à 18h, nous avons commencé notre action dans le piétonnier. Cela consistait à circuler en binômes, à proposer des masques gratuits aux passants et à afficher certains messages politiques. Nous étions six. Mais on n'a même pas eu le temps de commencer que la police est intervenue."

Calicots, tracts, pancartes et drapeaux

La police de la Zone Mons-Quévy parle d'un "rassemblement d’une dizaine de manifestants (…) en possession de calicots, de tracts, de pancartes et de drapeaux. En pleine période de confinement, ce rassemblement ne respectait manifestement pas les mesures de limitation des déplacements et de rassemblement prescrites par le Conseil National de Sécurité. L’action revendicative n’avait pas été sollicitée et n’avait pas été autorisée par les autorités administratives locales.

Lors du contrôle, ces personnes n’ont pas obtempéré aux injonctions des forces de police qui leur enjoignaient de se disperser, de mettre fin à leur action et de se conformer aux mesures gouvernementales d’urgence visant à limiter la propagation du coronavirus."

Six combis, des policiers, un chien

La décision de procéder à des arrestations a dès lors été prise. Alertée par son fils, Virginie Delattre arrive sur les lieux et est surprise par l'ampleur du dispositif policier: "Il y avait six combis, des policiers, un chien policier. Mon fils était contre le mur. C'était violent. J'ai demandé pourquoi ils faisaient ça. Ils m'ont demandé ma carte d'identité, puis ils m'ont menottée et embarquée devant mes autres enfants".

Selon le communiqué de presse de la police, "le proche d’un membre du groupe s’est interposé au contrôle et n’a pas voulu décliner son identité aux services de police. Cette personne a également été interpellée le temps nécessaire à son identification et à son contrôle d’identité."

Les militants ont été relaxés aux alentours de 20h, selon la police. Basile Splingard déclare être sorti vers 23h. "Et d'autres sont sortis à une heure du matin". Quant à sa maman, emmenée pour une arrestation administrative, elle raconte dans un post facebook son passage au cachot "pour un total de quatre heures. Je suis sortie a minuit du poste de police et j’ai dû rentrer chez moi seule dans la ville".

"Utile, une telle violence ?"

"Je ne dénie en rien le travail de la police", précise Virginie Delattre. "Mais je m'interroge sur cette réaction qui me semble disproportionnée face à des jeunes qui ont distribué trois masques gratuits aux SDF dans la rue… Était-ce utile et productif d’user d’une telle violence structurelle et humaine?"

Du côté de la zone de police, on assure vouloir jouer la carte de la transparence: "L’interpellation et les procédures qui en découlent seront examinées avec toute l’objectivité voulue en interne.​" Ce dossier devrait venir sur la table lors du prochain conseil de police de la zone Mons-Quévy.

Pierre Wuidart

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