Erezée 6997

Devenir zéro déchet avec la famille Carabistouille

Le lundi 4 mars, Sylvie du blog "Zérocarabistouille" était l’invitée du jour au Centre Culturel d'Ans. La Bruxelloise est arrivée accompagnée de sa poubelle, d'un bocal d’un litre et a partagé avec les nombreux (très nombreux!) Ansois son expérience zéro déchet et ses multiples astuces.

Derrière la famille "carabistouille" se trouvent quatre personnes et un chat. Ensemble, ils relèvent tous les jours un défi : ne produire aucun déchet !

Si pour certains cela parait inimaginable, pour d’autres c’est un véritable jeu d’enfants. En effet, pour cette famille composée de quatre personnes, un seul bocal en verre d’un litre comprend les déchets d’une année entière...

Comment y arriver ?

Pourquoi se lancer dans le zéro déchet ?

Sylvie nous confie ses astuces et pratiques du quotidien.

Un processus sur la durée

Avant de se lancer dans le zéro déchet, Sylvie et son mari avaient pour habitude de sortir leurs poubelles chaque semaine. Elle s’est vite rendu compte à l’arrivée de son premier enfant qu’ils devaient changer leurs habitudes.

"En tant que parent, nous sommes vite interpellés par leur bien-être. Nous voulons le mieux pour notre nouveau-né." nous confie Sylvie lors de la conférence.

Dans un premier temps, le couple de parents s'est lancé dans le bio et le circuit court. Habitant à Bruxelles, la mise en application n’a pas été facile. Pourtant, ils ont réussi !

"Les fermes sont inexistantes à proximité de notre maison. Nous avons créé un contact avec un agriculteur, pas trop loin de la ville, pour lui acheter à une grande fréquence des paniers de légumes."

Ce panier au prix de 19 euros pour une durée de deux semaines, comprend plusieurs avantages. À la fois meilleur pour la santé et pour la planète, il permet aussi au producteur d’avoir une rentrée d’argent supplémentaire, fréquente et de réaliser quelques économies au passage !

La famille ne s’est pas arrêtée là. Avec l’arrivée de leur second enfant, un deuxième questionnement est survenu : "Comment remédier à l’accumulation des langes ?". Le couple est passé aux langes lavables et le nombre de déchets est descendu à vitesse grand V.

Sceptique ? Sylvie nous a raconté une petite anecdote : "À l’époque, je déposais souvent ma fille chez ma mère. Lorsque nous sommes passés aux langes lavables, elle a eu beaucoup de stress pensant revenir à l’âge de pierre. J’ai dû la convaincre, lui montrer que les langes d’aujourd’hui ne sont pas les langes du passé, qu'ils ressemblent aux langes jetables mais qu’ils vont dans la machine. Ce changement assure aussi une meilleure qualité pour une meilleure santé. Elle a testé et s’est rendu à l’évidence que cela ne changeait pas grand-chose dans sa vie."

2015, le déclic du zéro déchet

Les petits gestes du quotidien sont devenus monnaie courante dans les foyers wallons, le cap du zéro déchet n’est pas encore atteint.

Cette étape, Sylvie l’a eue grâce à sa rencontre avec Béa Johnson et sa famille "zéro déchet". Lors d’une conférence, la jeune Française était accompagnée de sa poubelle mobile, un bocal en verre d’un litre.

Chamboulée par cet échange, Sylvie s’est remise en question. "Le lendemain de cette conférence, je suis allée comme d’habitude faire mes courses au supermarché du coin. En rentrant dans le magasin, je me suis rendu compte que tout était plastique, emballages et que rien n’était fait pour mon nouveau mode de vie."

En 2015, les magasins en vrac n’existaient presque pas en Belgique. Seuls les petits magasins bios de proximité étaient disposés d’ingrédients bruts.

De cette rencontre est née son envie de partager sa propre expérience. Par le biais d’un blog, d’un livre et de conférences, elle sensibilise au zéro déchet et montre que tout le monde peut, petit à petit, avancer dans cette voie.

Les 5 astuces pour devenir zéro déchet

1. Oser dire non

Dans la vie de tous les jours, il est parfois difficile de dire non.

Ce petit mot peut blesser et accepter tout, tout le temps, n’est pas une solution.

Dire "non" n’est qu’une étape, il faut en réalité aller plus loin et expliquer pourquoi nous refusons.

Sensibiliser est aussi la clef !

2. Réduire et réfléchir

"Ma plus grande hantise était de me retrouver face à des armoires vides", nous révèle Sylvie. "J’amassais des produits par crainte de ne plus en avoir assez quand j’en aurai besoin. Il faut prendre le temps de vider nos maisons et de rester sans rien. Aujourd’hui, je me sens mieux face au vide car je sais ce qui se trouve chez moi."

Attendons donc avant d’acheter. Prenons le temps de réfléchir au produit que nous consommerons (ou pas!). Faire un arrêt sur image et se dire "Ai-je réellement besoin de cet objet ?" est une étape cruciale dans la voie du zéro déchet.

"Un parfait exemple, c’est la tendance du hand spinner", s’offusque Sylvie lors de la conférence. "Ça a été un grand boum. Mes enfants m’ont suppliée pour en avoir. Je leur ai expliqué que c’était inutile et je leur ai conseillé d’en emprunter un à un ami. La joie du hand spinner a duré 3 jours. Ma fille m’a dit que c’était nul et qu’elle n’en avait pas besoin.

Le hand spinner est un exemple parmi tant d’autres. C’est pareil pour les petits gadgets que l’on accepte machinalement sans trop réfléchir. À noter que cet aspect interpelle de plus en plus. Rappelons-nous la polémique autour du suremballage de la dernière action de Delhaize.

3. Recycler

- "Comment agissez-vous pour la planète ?"

- "Je recycle."

- "Et ?"

- "Recycler c'est déjà bien, non ?"

Oui recycler est une étape importante. Mais il faut avant tout recycler intelligemment ! Pour se faire, tournez vous vers le carton et le métal où les cycles de recyclage sont plus évidents.

En ce qui concerne le plastique, certains d'entre eux sont recyclables mais pas tous...

4. Acheter la juste quantité

Sylvie nous informe que la Belgique est la reine du gaspillage alimentaire et que 12% de nos poubelles sont composées de déchets organiques.

Avec beaucoup de rancune, Sylvie nous révèle ceci : "Au supermarché, nous sommes obligés d’acheter par deux, par trois, etc. car c’est entre guillemets moins cher. On nous pousse à acheter plus que ce dont on a réellement besoin. Leur argument de vente ? Faire des économies. Dans beaucoup de cas, les produits restent dans nos armoires et sont retrouvés des mois plus tard, une fois la date de péremption dépassée."

Comment remédier au gâchis ? Adoptez le composte !

Remettre les aliments à la terre permettra de redonner vie aux nutriments et ne produira aucune énergie. En effet, pour brûler les déchets organiques la quantité d’énergie est plus élevée car composée de beaucoup plus d’eau.

5. Acheter autrement

Acheter en ligne est devenu aussi courant que de dire bonjour à son voisin. À notre époque, appuyer sur un bouton pour recevoir le lendemain un objet sur le pas de la porte est une véritable habitude. Les achats en ligne nous incitent à la (sur)consommation. Ce n’est donc plus une pratique envisageable.

En y réfléchissant bien, acheter en vrac, à des producteurs locaux et de nature biologique est une première solution. Sylvie rappelle aussi que manger plus de végétaux et donc, moins de viandes est encore une étape difficile pour les Belges. "Aujourd’hui, dans nos assiettes, on a l’éternel gros morceau de viande avec la petite ration de légumes et les féculents. Si nous souhaitons avoir un effet sur l’environnement, il est préférable de limiter sa quantité de viande et d’aller vers le végétarisme."

Réutiliser et acheter dans des filières durables est aussi un pas à franchir. "Équipez-vous de bocaux, boîtes et sacs en tissu pour vos courses et pensez que chaque objet de votre maison peut avoir une seconde vie."

En Belgique, contrairement à la France ou d’autres pays dans le monde, nous connaissons le concept de la consigne. Souvent appliqué pour les bières, il en existe pour d’autres produits comme le vin ou les yaourts. Certains petits producteurs exploitent aussi la consigne pour des crèmes hydratantes par exemple.

L’obsolescence est aussi un problème du quotidien. Il en existe deux types. Premièrement, l’obsolescence culturelle qui est constamment stimulée, souvent par la publicité. Être "à la mode", "tendance" est ancré dans notre société. On peut dire stop et continuer à utiliser notre ancien Nokia 3310 si on le souhaite.

La seconde obsolescence est programmée. Celle-ci est faite à notre insu, par les industriels pour nous pousser à acheter plus vite. Bien souvent réparer un objet nous coûte plus cher que d’en acheter un neuf.

Où retrouver la famille "Zérocarabistouille" ?

Les aventures de la famille zéro déchet est à suivre sur leur blog et leurs réseaux sociaux.

Le livre "Le Zéro déchet sans complexe !", reprenant toutes leurs astuces zéro déchet, est disponible dans toutes les bonnes librairies et aux Éditions Racine.

Pour rencontrer Sylvie, informez-vous des prochains rendez-vous sur son agenda d'activités.

 

Aurélie Bronckaers