Manhay 6960

Pourquoi cette grève nationale ce mercredi ?

Cette grève a été décidée le 23 janvier dernier, par les trois syndicats, après le retrait de ceux-ci des discussions au sein du groupe des Dix concernant la nouvelle marge salariale, et ce dans le cadre de l’accord interprofessionnel 2019-2020.

Impossible de trouver un compromis entre patrons et syndicats. Ceux-ci ont quitté la table des négociations en raison du refus patronal de revoir à la hausse la marge maximale d'augmentation des salaires. Le Conseil central de l’Economie, dans un rapport, ne permettait qu’une marge maximale de l’évolution des salaires limitée à 0,8% (hors indexation). Beaucoup trop bas, donc, pour les bancs syndicaux qui réclamaient 1,5%.

Invités à s'exprimer dans les colones de la Libre, les trois organisations syndicales ont affiché un visage uni. Pour Olivier Valentin, le secrétaire national du syndical libéral, "on n’en est pas arrivé là du jour au lendemain. Il y a eu des mois durant des discussions, qui n’ont mené à rien et qui nous ont fait acter une réelle situation de blocage." Pour Marie-Hélène Ska, la secrétaire générale de la CSC, "les ministres et les patrons, on le perçoit de plus en plus, n’ont plus aucune perception de ce que représente la valeur du travail et du marché du travail. C’est un vrai problème : ils sont déconnectés de la réalité. Tout le monde n’a pas une voiture de société et une belle assurance de groupe, hein. C’est pour cela qu’on leur dit : redescendez sur terre !" Selon Robert Vertenueil, le président de la FGTB, "la négociation peut reprendre, mais elle dépendra d’une vision globale. Si le retour à la table revient à nous demander ce dont on a besoin, et qu’on nous explique comment nous en passer, la discussion va tourner court, c’est clair…"

Les syndicats sont donc déterminés à se faire entendre. "La pression n’est pas sur le banc syndical aujourd’hui, selon Marie-Hélène Ska. Elle est sur le banc patronal. Les pertes engendrées par une journée de grève, c’est pour leurs affiliés. Ils seront les premiers à dire mercredi matin qu’une grève leur coûte cher. Mais ce faisant, ils reconnaissent que le travail a une valeur, et qu’il mérite justement d’être davantage valorisé. La production de richesses dépend des individus et elle doit être redistribuée plus équitablement." Et ça passe par un accord interprofessionnel "digne de ce nom" selon Robert Vertenueil.

HM

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