Marche-en-Famenne 6900

Les urgentistes de l’hôpital de Marche jettent l’éponge

Les médecins urgentistes de l’hôpital de Marche qui dépend de l’intercommunale de soins Vivalia ont tous remis leur démission. Ils prestent actuellement leur préavis qui se termine en avril. Cette décision collective fait suite à la décision de leur retirer un complément de salaire destiné à revaloriser la profession.

En février dernier, le conseil médical totalement indépendant de la direction de Vivalia, a décidé de ne plus le verser. Ce bonus avait été mis en place depuis plusieurs années pour revaloriser les urgentistes et notamment éviter qu’ils ne partent au Luxembourg où les conditions salariales sont nettement plus avantageuses. " Nous souffrons déjà d’un problème de reconnaissance et en plus la proximité du Grand-Duché n’arrange rien. C’est donc difficile de recruter ", explique Le docteur Jérôme Jobe, le coordinateur des services d’urgence de la province de Luxembourg. " Nous proposons des aménagements d’horaires. Nous misons aussi sur la formation mais il est clair que l’aspect salarial pèse beaucoup. Ce complément permettait clairement de fidéliser les médecins. C’est vraiment dommage que suite à un conflit entre le conseil médical et la direction de Vivalia, il ait été remis en question. Ça n’aide clairement pas à recruter et vu l’ambiance actuelle c’est encore plus difficile d’attirer de nouveaux médecins. "  

De son côté, le conseil médical estime que cette aide apportée aux urgentistes devait être temporaire et surtout qu’elle se fait au dépens d’autres médecins de l’hôpital de Marche comme les chirurgiens dont les activités, et donc les rentrées, ont été très impactées par le Covid. Pour Yves Bernard le directeur de l’intercommunale de soins de santé Vivalia, cet argument ne tient pas la route : " On a prélevé ces compléments de salaires via une augmentation des suppléments d’honoraires qui sont donc payés par les compagnies d’assurance. C’était indolore pour les médecins qui n’ont jamais été mis à contribution. Dans le même temps le gestionnaire, les communes et la province, ont ajouté 600.000 euros. "

La pilule est d’autant plus difficile à avaler pour les urgentistes de Marche que leurs collègues d’Arlon et de Libramont ont eux toujours droit à ce complément. S’estimant lésés et considérant que les termes du contrat ont été modifiés de façon unilatérale et sans préavis, ils ont saisi la justice. Le tribunal du travail se penchera sur le dossier le 24 septembre. Il n’est pas contre pas question de fermer le service : c’est une obligation légale pour l’hôpital de maintenir des urgences.

Il faudra donc d’une façon ou d’une autre que la situation se débloque. Les réunions se succèdent pour l’instant chez Vivalia afin de trouver un compris qui permettra de satisfaire tout le monde.

Gregory Fobe

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